Soutenue par l’UNAPEI, la fédération des associations qui défendent les handicapés mentaux et leur famille, Mélanie a posté sur Facebook une petite vidéo.

"Mélanie peut le faire"... Mélanie, 21 ans et différente, veut présenter la météo un soir à la télévision. Grâce au soutiens qu'elle a trouvé sur les réseaux sociaux, elle va le faire ! Ce sera le 27 mars
"Mélanie peut le faire"... Mélanie, 21 ans et différente, veut présenter la météo un soir à la télévision. Grâce au soutiens qu'elle a trouvé sur les réseaux sociaux, elle va le faire ! Ce sera le 27 mars

"Mélanie peut le faire, mais pas sans vous". Elle demandait 100 000 likes pour accomplir son vœux le plus cher, être la miss météo d’un soir, le 27 mars. Raz de marée. Les 100 000, ça a vite été plié. France 2 et BFM TV, hier, dans la journée, lui ont répondu par tweet ou à l’antenne : pourquoi pas !

C’est plus facile pour une chaîne d’info dont les rendez-vous météo s’égrainent tout au long de l’antenne. C’est plus facile aussi pour France 2, privée depuis Nicolas Sarkozy de publicité après 20 heures. Tandis que les écrans de TF1, logés entre le journal télévisé et le prime time, se taillent la part du lion dans son chiffre d’affaires publicitaires.

TF1 monétisera le 27 mars entre 60 000 et 70 000 euros les 30 secondes de pub diffusées lors de ce carrefour d’audience très stratégique. Bon, c’est ce qu’on appelle un tarif facial, après, tout se négocie ! Quant à France 2, rien ne dit que la chaîne propulsera Mélanie à 20h30. Ce pourrait être aussi à 6h57 chez William Leymergie, à 12h52, avant le 13h…

En attendant, Mélanie a réussi. Réussi à faire prendre conscience de manière simple et souriante de l’absence de visage, de corps et de voix comme les siens à la télévision. Car la trisomie de Mélanie se voit et s’entend. Or, le CSA a compté. En 2016 il n'y a eu que 0,8% des personnes handicapées figurées à l’écran. Et encore, le CSA additionne les cannes blanches et les fauteuils roulants.

Dans le cas de Mélanie, rappelle l’UNAPEI, c’est plus subtil. Le handicap est dû à sa déficience mentale, certes, mais c’est aussi le fruit de ses conséquences sociales. C’est-à-dire le vide humain, quotidien, professionnel qui se crée autour d’une personne pour qui parler, décider, conceptualiser s’avère plus lent, plus difficile. Le handicap, c’est la solitude, la mise à l’écart, le non-accompagnement.

« Mélanie peut le faire, mais pas sans vous ». Vous comprenez maintenant ? Ce n’est pas tellement la météo qui compte là-dedans. C’est 100 000 « vous » rassemblés autour d’une jeune fille qui a besoin des autres pour vivre… comme les autres.

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