L'histoire d’un couple d’ados fuyant l’industrialisation de Chicago pour aller travailler comme ouvriers agricoles dans les plaines du Texas.

Brooke Adams dans "Les Moissons du ciel" ('Days Of Heaven') de Terence Malick, 1978
Brooke Adams dans "Les Moissons du ciel" ('Days Of Heaven') de Terence Malick, 1978 © Getty / Archive Photos

Histoire d’un triangle amoureux entre la fille, son petit ami et le riche fermier qui les fait travailler. Histoire d’un retour à la terre. Immensité du paysage qui ramène la comédie humaine à l’infiniment petit, tout en lui conférant une puissance mythologique, universelle. Pour ça, pas de doute, on est bien en Amérique. Ce rapport biblique aux grands espaces, aux forces telluriques de la Nature, qui irrigue deux siècles de littérature et de cinéma.

Terence Malick est un maître du genre, mais un cinéaste à part. Les Moissons du ciel, c’est le plus beau film du monde en matière de lumière, car ici la lumière est bien une matière.

L’heure bleue

Savez-vous ce qu’est l’heure bleue ? Le moment qui précède l’aube et qui suit le crépuscule. Juste avant le levé du soleil, ou juste après.

Il fait encore jour, mais l’astre est absent de la voûte céleste qui de se pare de teintes uniques.

L’azur empreint d’une sombre intensité que recherchent tous les photographes en extérieur.

L’heure dorée

Et quand ça n’est pas l’heure bleue, c’est l’heure dorée qui offre les plus beaux cieux.

L’heure dorée, c’est une heure après le levé du soleil ou une heure avant son coucher. Quand la lumière rase et affleure, quand elle est étrillée par des filaments de nuage, quand elle s’est chargée de rose, de rouge et d’orangé.

L’heure bleue et l’heure dorée : le cauchemar des producteurs de cinéma

Trente minutes de prise de vue en décor naturel, après c’est foutu.

Néstor Almendros, le chef opérateur de Terence Malick a imposé tout le tournage des « Moissons du ciel » à l’heure bleue. Il en récolta l’Oscar.

L’histoire est d’autant plus folle qu’il était en train de devenir aveugle. Oui, aveugle.

Il n’en fut pas moins le directeur photo de Rohmer et Truffaut, ensuite. Terence Malick, lui, s’est tu pendant exactement 20 ans. Ce qui conféra aux Moissons du ciel un statut mystérieux et iconique à la fois. Pourquoi tant de lyrisme et de maestria et puis après, plus rien ?

Les Moissons du ciel, c’est le premier grand rôle au cinéma de Sam Shepard. Vous le retrouverez quelques années après dans L’Etoffe des héros.

Sam Shepard, si tu m’entends, je suis amoureuse de toi depuis que j’ai dix ans

►► AU PROGRAMME: "Les moissons du ciel", c'est ce soir à 20h55.

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