On s’imaginait une enquête sur la façon dont une télévision d’Etat peut influencer les grandes échéances électorales ou sur celle dont le pouvoir peut en user pour servir ses intérêts.

Question à venir avec une nouvelle chaîne d’info voulue par l’Elysée. Question qui se pose depuis les débuts de l’ORTF : de la main de fer du général De Gaulle lors des présidentielles de 64 à celle de Jospin débarquant Claude Sérillon du JT en 1999.

Le sujet choisi par LCP est en fait plus pointu. Pas moins symptômatique. Comment Nicolas Sarkozy supprime, en 2008, d’un claquement de doigt, et sans concertation aucune, la publicité sur les chaînes publiques.

Il manquera bientôt un milliard deux cents millions d’euros dans leurs caisses. Dans quelques mois, va éclater la crise. L’opération sera un désastre économique qui n’a amélioré en rien la qualité des programmes, n’a pas avancé vos soirées télé d’une minute, tout en paupérisant gravement les chaînes.

Le documentaire de Jean-Baptiste Daoulas se concentre sur les rapports de force inouïs que Nicolas Sarkozy va engager avec tous ses interlocuteurs. L’humiliation infligée à sa ministre de la Culture.

La gifle assénée à Jean-François Copé, président du groupe UMP, ayant dirigé une commission dont les conclusions seront publiquement bafouées.

Les soupçons de collusions avec les chaînes privées pour qui le cadeau est trop beau.

Toute l’ambiguïté des Socialistes qui avaient eux-mêmes diminué la pub sur France Télé, quatre ans auparavant et qui réclamaient son financement par la seule redevance. Ils entrent pourtant en guerre face à la mesure et se lancent dans une obstruction parlementaire restée un cas d’école à l’Assemblée Nationale. Les engueulades, les hurlements même, de Sarkozy face aux patrons de France Télévisions, enfermés dans une loge de maquillage aux cloisons si fines que toute la boité a entendu.

L’un deux, Patrick de Carolis, contre-attaquant sur RTL, qualifiant les propos du Président de la République de « faux, stupides et injustes » et ledit Président décidant unilatéralement que les prochains dirigeants de l’audiovisuel public seraient choisis directement de sa main.

Tornade médiatique, tempête politique. C’est fou ce que 30 secondes de publicité ont pu allumer…

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Télé publique : jeux de pouvoir, c’est ce soir sur LCP à 20h30

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Le documentaire sera suivi d’un débat avec Christine Albanel, ancienne ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, députée et ancienne ministre de la Culture, Michèle Cotta, journaliste et ancienne présidente de la Haute autorité de la communication audiovisuelle et Daniel Psenny, journaliste au Monde .

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