Sonia Devillers a tenté l’expérience de voir avec son fils de 8 ans ce chef d'oeuvre de 1959 avec Marilyn Monroe, Tony Curtis & Jack Lemmon : ils se gondolait encore le lendemain.

Les acteurs Marilyn Monroe, Tony Curtis et Jack Lemmon avec pour chef d'orchestre Joan Shawlee (à droite) dans une scène du film 'Some Like It Hot' ("Certains l'aiment chaud")
Les acteurs Marilyn Monroe, Tony Curtis et Jack Lemmon avec pour chef d'orchestre Joan Shawlee (à droite) dans une scène du film 'Some Like It Hot' ("Certains l'aiment chaud") © Getty / Michael Ochs Archives

En 1959, les hurlements de rire des spectateurs couvraient les dialogues - au point que Billy Wilder s’était dit prêt à sous-titrer le film en salle !

Imaginez Tony Curtis et Jack Lemmon, mélange de raffinement et d’exubérance, saxo et contre-bassistes fauchés, assistant malgré eux à un règlement de compte mafieux, dans le Chicago de la prohibition. Imaginez-les se déguiser en femme pour intégrer un orchestre de délicieuses greluches et échapper ainsi à un genre d’Al Capone.

Imaginez-les tomber sur Marylin Monroe, ses rotoplos tremblotants et son yukulele. Tout y est. Magnétisme torride et quiproquos, sur fond de jazz endiablé, filmé en noir et blanc. A une époque où les contrats de la star stipulaient qu’elle ne jouerait que des longs-métrages en couleur.

Jamais pourtant, Marylin n’a pris la lumière comme cela. Elle est sublime de naïveté et de sensualité. Un grand critique américain avait qualifié son « I wanna be loved by you » de strip-tease dans lequel la nudité aurait été superflue.

Et c’est en cela que réside la sidérante intelligence de Certains l’aiment chaud. Le travestissement sexuel est ici prétexte tantôt au burlesque, tantôt à la révélation psychologique. C’est une mise en abîme des mécanismes du désir et de la frustration, de la projection de soi dans le regard de l’autre. Jamais une once de grivoiserie, ni de vulgarité dans le traitement de Billy Wilder.

Tout réside dans cette célébrissime dernière réplique : « nobody’s perfect ». « Nul n’est parfait ». Un film résumé en une phrase. Un tournage au bord de la crise de nerf, raconté en trois mots. Marylin à la dérive, capricieuse à l’extrême, il fallait l’attendre des jours entiers.

« J'ai eu le temps de lire Guerre et Paix et même Les Misérables », raconte Wilder, « La faire jouer, c’était comme lui arracher une dent ». Bref, c’est l’histoire d’un film prodigieusement joyeux qui s’est fait dans la douleur !

Certains l’aiment chaud, c’est ce soir sur France 5 à 20h55.

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