Ce soir, soit vous suivez Daniel Morin faire "pouet-pouet" avec Frédéric Lopez sur France 2, soit vous filez sur le site de Netflix, le grand méchant qui veut flinguer la télé. Le premier mois est gratuit, visionnage illimité. Cela suffit pour regarder un documentaire que vous ne trouverez nulle part ailleurs (puis rien ne vous oblige à rester, si vous ne voulez pas payer, c’est ma petite magouille du jour !). Juste le temps de regarder « Keith Richards : under the influence ». Le film est génial : 24 heures que je fredonne et que je tape du pied.

Keith Richards
Keith Richards © Richard Dumas / Galerie VU

Le guitariste des Rolling Stones égrène avec une humilité, une générosité, un humour et une dévotion encore intacte, la liste de ses maîtres de musique . Il le dit d’entrée : « I’m not a pop star anymore. I don’t wan’t to be ». « Je ne suis plus une pop star. Et je ne veux pas l’être ». Alors c’est parti pour une heure et demie de déluge sonore, de blues et de country à vous coller la chair de poule. Cela a commencé comme ça. Dans un wagon de train, Keith croise Mick Jagger tout minot, le gosse avait un album de Muddy Watters sous le bras (extrait) :

Keith s’étale carrément : « Et dire que je croyais être le seul être humain du sud de l’Angleterre à aimer ça ».

Et ça ? Vous savez ce que c’est, ça :

C’est Keith Richards et son vieux pote de 30 ans, Tom Waits, qui n'était pas un Rolling Stones. Mais les deux s'adorent et ils se marrent en studio. Il n'y a que là, dans le studio Anyway, que le vieux Rolling Stones se sent chez lui. Tom Waits raconte un truc dingue : dans le studio de Keith Richards entrent tous les musiciens. On s’accorde et la magie opère instantanément. Pourquoi ? Parce que personne ne considère ce qu’il fait comme de la musique, ni que ça a vocation à rester. C’est comme si ce qui faisait la force d’un tableau était complètement hors cadre.

Le dernier album solo de Keith Richards est sorti en septembre. Dans ce documentaire magistralement filmé, vous le verrez, la classe absolue, clope entre le pouce et l’index, gueule ravinée, mains défoncées par l’arthrite et rire rauque. Le rire, le rire de Keith Richards quand il joue et cause musique. Rire d’un seigneur tout entier fait de rythme et de blues. Noblesse oblige.

Extrait de "Trouble" de Keith Richards :

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