Arte diffuse l'un des westerns préférés de Sonia Devillers. Peut-être pas au rang de "My Darling Clementine" ou du "Train sifflera trois fois", mais quand même…

John Wayne, James Stewart et Woody Strode sur le tournage du film '<l'homme qui tua Liberty Valance' en1962
John Wayne, James Stewart et Woody Strode sur le tournage du film '<l'homme qui tua Liberty Valance' en1962 © Getty / Michael Ochs / Archives

Ce soir, ARTE diffuse « L’Homme qui tua Liberty Valance ». C’est l’un de mes westerns préférés. Peut-être pas au rang de « My Darling Clementine » ou du « Train sifflera trois fois », mais quand même, un film exceptionnel.

L'histoire de l'Homme qui tua Liberty Valance

Un Sénateur, James Stewart, de retour dans sa petite ville pour assister à l’enterrement d’un personnage obscur, un moins que rien, et cela intrigue un jeune journaliste. Le récit est constitué d’un long flash back. Le Sénateur racontant au plumitif l’histoire de cet homme que nul ne connaît et qu’on met en terre, interprété par John Wayne.

Voici le nœud originel qui liera leur destin à tous. James Stewart, encore blanc bec, circule dans une diligence attaquée par des hors-la-loi. Il est passé à tabac, reprend connaissance, soigné par les gens de cette petite ville. Il n’a qu’un nom en tête, celui du malfrat qui l’a agressé et terrorise la région : Liberty Valance, délicieusement ignoble Lee Marvin.

C’est l’histoire, donc, d’un James Stewart s’éveillant à l’action politique, engagé dans un combat pour pacifier cette contrée où les armes règnent en maître. Mais que ronge cet homme dédié à la morale et au bien public ? Une vengeance personnelle, obsessionnelle : défier en duel Liberty Valance.

Alors, imaginez le jeunot borné, cabré dans son honneur perdu, apprenant péniblement à manier le colt pour affronter un as de la gâchette. D’où cette question entêtante ? Qui, au cours du règlement de compte, a vraiment tué Liberty Valance ? James Stewart ou son ombre tutélaire, le cow-boy taiseux qui n’aime guère la lumière, celui qui l’avait déjà sauvé une fois : John Wayne ?

Il y aura toujours, chez le personnage de James Stewart, cette amertume, cette blessure narcissique jamais cicatrisée, cette jalousie tapis derrière une carrière politique accomplie. La mort de Liberty Valance, il en récoltera pourtant les lauriers à pleines brassées. Que voulez-vous ? Dans l’Ouest, quand « la légende surpasse la réalité, on imprime la légende ». Phrase restée gravée dans les anales du cinéma.

Une adaptation ciné tirée d'une nouvelle

Le film de John Ford est une somme, dense, sensible, puissante. Il dure 2 heures. Me croirez-vous si je vous dis qu’il est tiré d’une nouvelle de 11 pages ?

Un texte magistral, tiré au cordeau, qui contient plus, beaucoup plus en 11 petites pages que le long-métrage. Il est signé Dorothy Johnson. Tiré d’un recueil intitulé « Contrée indienne ». Lisez-le, lisez-le, je vous en conjure. C’est le diamant brut de la mythologie américaine.

Contrée indienne, le livre de Dorothy Johnson est publié aux éditions Gallmeister.

L’Homme qui tua Liberty Valance, dont il est tiré, est diffusé sur Arte à 20H50.

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