Vous reprendrez bien un peu de Bowie, un peu, car ce n’est ni le premier, ni le dernier documentaire sur David Bowie que proposeFrance 4 .

Mais tout de même, ce film parvient, avec peu de moyens, à retracer l’hypnotique carrière du maître de manière synthétique et très anglée.

David Bowie 1973
David Bowie 1973 © 1973 The David Bowie Archive / Sukita

Son point de départ ? Le château d’Hérouville, de vieilles pierres qui abritèrent les amours de Chopin et de Georges Sand, rachetées par un fêtard mondain, compositeur des musiques deFantomas et Angélique, marquise des anges . En 1969, Hérouville ouvre son studio. On est à l’époque où la technologie modifie en profondément l’étape de l’enregistrement. Toutes sortes d’expériences artistiques et sonores y seront menées. Elton John, lesBee Gees , Pink Floyd viennent s’y mettre au vert. Les Grateful Dead auraient donné dans le parc un concert psyché mémorable.

Car, c’est cela Hérouville. Une rencontre avec les ingénieurs du son et les musiciens de la maison, un partage d’influences. Mais aussi une retraite hors du temps, sans garde-fou.

David Bowie s’y installe en 1973, enregistrant un album de reprises, hommages aux groupes qui ont marqué ses jeunes années. Il y revient en 1976, flanqué d’Iggy Pop, dont il est inséparable à l’époque. Une China Girl y a vu le jour, chantée d’abord par l’iguane, puis par Bowie. C'est une période de créativité très intense, largement tamponnée par la drogue, mais produisant un son à contre-courant dont l’influence sera majeure à la génération suivante.

Gaëtan Chataigner et Christophe Conte intercalent cette étape charnière dans le parcours transformiste de Bowie. L’artiste total qui créa des personnages de scène pour mieux les suicider. Hérouville, sorte de sas jusqu’au-boutiste avant la renaissance. Le château est filmé avec force filtres qui permettent aux images d’aujourd’hui de se fondre dans les archives.

Lou Doillon signe une très jolie reprise de Queen Bitch , autre pont entre les compositions d’hier et les artistes d’aujourd’hui.

Bowie, l’homme cent visages ou le fantôme d’Hérouville , sur France 4 à 22H40

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