Pourquoi "Les Hommes du président", sur une chaîne que vous allez transpirer à trouver sur votre télécommande ?

Dustin Hoffman et Robert Redford dans "Les hommes du Président" d'Alan J. Pakula
Dustin Hoffman et Robert Redford dans "Les hommes du Président" d'Alan J. Pakula © Getty / Sunset Boulevard

Parce que je ne suis pas payée pour chroniquer chaque soir les programmes de la chaîne franco-allemande même quand elle est la seule regardable certains soirs de disette cathodique.

Parce que, aussi, l’affaire du Watergate, revue et corrigée par Alan J. Pakula vous replongera dans une année entière de campagne électorale, telle que nous venons de la vivre, scandée par l’enquête journalistique et les révélations politiques.

L'affaire du Watergate mise en scène au ciné

Vous vous souvenez, Bob Woodward et Carl Bernstein, sont interprétés à l’écran par Robert Redford et Dustin Hoffman en pattes d’eph’.

La source qui les mènera à la chute de Nixon donne rendez-vous dans un parking se fait appeler « gorge profonde ». Quant au scénario, génialement construit, il vous entraîne dans les méandres incompréhensibles de l’investigation.

En cela, il n’a pas pris une ride, ce thriller d’encre et de papier. Chaque étape de la publication du scoop produit par le « Washington Post » fait l’objet d’un bras de fer à l’extérieur et à l’intérieur du journal. Chaque morceau d’information s’offre telle une énigme à démêler, puis un levier pour négocier, un enjeu de pouvoir pour avancer, au risque de se noyer. Le téléspectateur se noie parfois, parce que Woodward et Bernstein se perdent sans cesse.

Magnifique mise en scène de la fabrication de l’information

A tous ceux qui croient que ces choses-là tombent toutes cuites sous la plume des journalistes : qu’est-ce qu’une enquête, si ce n’est un périlleux labyrinthe intellectuel dont l’auteur ne comprend le plan qu’une fois atteinte la sortie ? Qu’est-ce qu’une enquête, si ce n’est un vertigineux édifice dont chaque étage s’effondre sous le poids des incertitudes et des fausses pistes ?

Qu’est-ce qu’une enquête si ce n’est le risque d’un aveuglement permanent jusqu’à ce que la lumière se fasse ? Jusqu’à ce que l’Histoire s’écrive dans ce rapport de force entre le pouvoir et le contre-pouvoir.

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