C'est la fin de la saison de basket aux USA : les Cavaliers de Cleveland rencontrent les Guerriers des Golden States… Des matchs qui racontent bien plus qu’un affrontement sportif.

James LeBron  (#23 des Cavaliers de Cleveland) face à Kevin Durant (#35 des Golden State Warriors) lors du match des finales de la NBA 2017 le 4 juin 2017 à Oakland, en Californie.
James LeBron (#23 des Cavaliers de Cleveland) face à Kevin Durant (#35 des Golden State Warriors) lors du match des finales de la NBA 2017 le 4 juin 2017 à Oakland, en Californie. © AFP / RONALD MARTINEZ / GETTY IMAGES NORTH AMERICA

C’est toujours comme ça, la fin de la saison de basket, le champion de la côte Est rencontre celui de la côte Ouest.

Là, incroyable mais vrai, cela fait trois ans que ces deux mêmes équipes en viennent à se heurter. Du jamais vu depuis les années 80, depuis les Boston Celtics contre les Los Angeles Lakers.

Et parce que les grands matchs racontent bien plus qu’un affrontement sportif, cette nuit, Cleveland, l’Amérique de la crise, du chômage et de l’urbanisation à l’abandon défie San Francisco et les enfants gâtés de la Sillicon Valley.

Pour les départager, il faudra quatre matchs gagnants d’affilée. On n’en est qu’au troisième. On peut aller jusqu’à sept.

Moi, je ne demande qu’une chose, c’est qu’on en finisse parce que cette affaire de géants qui jouent à la baballe au milieu de la night ruine ma maison, ma famille et mon travail. Redwane Telha, indispensable attaché de production de l’Instant M, met son réveil à 2h50. Il dit que tout va bien. Mais petit à petit, il se transforme en Shrek. Dans les couloirs de la maison de la radio, il met des paniers imaginaires en titubant gentiment. A part ça, tout va bien.

Quant à mes garçons, fans de basket, ils n’essaient même pas d’arracher au dragon que je suis un match en pleine nuit. Mais, ils négocient d’arrache pied une dérogation pour ne pas manger à la cantine et rentrer voir la rediffusion. Vous avez déjà vu ça, vous, des gosses qui sortent de l’école pour mater la télé ? Au secours.

Résultat, mon collaborateur pense que je suis une mauvaise mère et mes enfants pensent qu’ils feraient mieux de vivre avec Redwane dans mon bureau. N’importe quoi.

En plus, ce ne serait pas vivable. Car tout cela est très politique. Faut choisir son camp. Mes gamins sont subjugués par la brochette de stars des Golden States Warriors, Stephen Curry, Kevin Durant, Klay Thompson, Draymond Green, des machines de guerre super choyées. Redwane Telha, lui, il achète tout du storytelling LeBron James, le king noir des Cleveland Cavaliers, élevé par une mère célibataire en galère et devenu la fierté d’une ville frappée par la misère.

Vive la NBA, vive les nuits blanche, vive la lutte des classes.

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