Petit tour des grandes voix de la télé et de la radio américaine, dans un registre qu’on connaît mal en France.

La candidate démocrate à la présidentielle, Hillary Clinton, et l'animatrice de télévision Rachel Maddow (à gauche)
La candidate démocrate à la présidentielle, Hillary Clinton, et l'animatrice de télévision Rachel Maddow (à gauche) © Reuters / Chris Keane

Ce registre, c'est celui des idéologues du micro, des prêcheurs radiophoniques et cathodiques. Comme si les Pujadas ou Cohen haranguaient le public pour démolir leurs ennemispolitiques et appeler nommément au vote pour leurs héros électoraux.

Chez nous, seul Ardisson a médiatisé ses sympathies royalistes, Ruquier son attachement pour le PS, mais sans jamais s’engager à l’antenne. Ce serait inimaginable. Même un Bourdin, dont on sait maintenant qu’il a voté au centre et qui se rapproche, dans le style de ces voix américaines théâtralisées et puissantes, vous ne l’entendrez jamais matraquer l’auditeur de RMC en faveur d’un candidat. Quoique, sur cette même radio, la tranche d’Eric Brunet commence à se rapprocher du modèle outre-Atlantique.

Aux Etats-Unis, c’est une tradition médiatique, un argument de différenciation marketing et un levier de fidélisation pour l’audience. Et ce, dans un pays où le CSA n’existe pas, le temps de parole n’est pas régulé. Bataille idéologique féroce, donc, entre FOX News et MSNBC.

La première appartient au très réactionnaire magnat, Rupert Murdoch pour qui les médias sont un bras armé idéologique. La seconde est la chaîne d’info de NBC, le TF1 américain.

Sur Fox, Bill O’Reilly est le pape de la hargne. Quand Chirac et Villepin dirent non à la guerre en Irak, il fut le fer de lance du déchaînement médiatique anti-français, ces poules mouillées que les GI vinrent libérer des Nazis.

En face, Rachel Maddow prend ensuite l’antenne sur MSNBC. L’adversaire est la première femme ouvertement homosexuelle à piloter un tel rendez-vous d’info et c’est armée de ses convictions qu’elle se lance chaque soir dans la bataille.

En radio, il y a l’inamovible Rush Limbaugh. Il anime le talk-show le plus écouté des ondes américaines, relayé par 600 stations. Une diatribe pro-républicaine de trois heures, virulente, néanmoins doublée d’un discours anti-libéral.

Et des Limbaugh, y en a plein les locales, comme Marc Squarcini qui laboure les ondes de Pennsylvanie avec ses émissions anti-Hillary. Certes, ces étoiles médiatiques ont vu en cette campagne leur aura pâlir, rattrapés par le fact checking et les libres cavaliers du web. Mais ils sont toujours là, évangélisant des millions de gens.

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