Ce soir, sur France 3, les politiques racontent à Mireille Dumas leur parcours en chanson.

Deux heures et quart plan-plan, mais sympathiques, au terme desquelles le rapport entre les médias et la politique vous semblera catastrophique. Qui se prête au jeu ? Toujours les mêmes. Rachida Dati, François Bayrou, Jean-Luc Mélenchon, Jean-Louis Raffarin, Cécile Duflot. Ainsi, réécouter avec eux les ritournelles qui ont marqué leur vie serait une façon de les faire se raconter autrement...

Ça marche un peu. Parce que France 3 en a fait une ligne éditoriale - nous partageons tous quelque chose de Johnny, Dalida, Ferrat, Souchon, Sardou et Barbara et que cette mémoire collective permet à l’interviewé de se resituer dans son époque, non par le biais de l’Histoire, mais par celui de l’intime et de l’affect. D’ailleurs, ça ne loupe pas, ça raconte des trucs très jolis sur sa famille, ses parents, ses amours et ça pleure.

Le problème, c’est qu’on connaît par cœur les couplets des uns et des autres : fille de maçon marocain, ancien bègue, enfant du Béarn, petit pied-noir ou mère de quatre mômes venue en jean au conseil des ministres. Le problème, c’est ce questionnement paresseux et la complaisance qui va avec.

Mélenchon convoque Brassens et assène : « Y a pas trop d’amour sur Terre. Alors peu importe d’où il vient, je prends ».

Cécile Duflot aime la chanteuse Corine Charby, ça donne : « Bah oui, ch’ui une bonne nature, moi, j’aime la vie, j’aime les gens et quand les gens me font confiance, j’ai envie qu’ils soient contents ». Et nous, on répond quoi à l’ancienne ministre ?

Les politiques ne sont pas des peoples comme les autres. La valeur de ce qu’ils ont fait ou feront pour la France n’a rien à voir avec l’amour qu’ils ont eu pour leur mère.

D’ailleurs, ils auraient été horribles avec maman qu’ils n’en auraient pas été moins bons ou meilleurs ministres. Mais plus les journalistes s’intéressent à leur psychologie, moins ils interrogent leur projet politique, moins d’ailleurs celui-ci ne semble compter. Comme si l’humain, l’intime, même anecdotique et rabâché, avait définitivement enterré ce qu’il convient d’appeler l’action publique.

Conclusion, vaut mieux être un brave type avec une belle histoire à raconter qu’un bon élu qui ne saurait chanter ni Piaf, ni Perret.

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« Politiques : ils connaissent la chanson ! » c’est ce soir sur France 3 à 20h55

« Politique : ils connaissent la chanson ! », sur France 3
« Politique : ils connaissent la chanson ! », sur France 3 © France 3
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