Jeanne, la bergère, plus têtue que John Wayne, plus fonceuse qu’Iron Man, gaulée comme Lara Croft, fissurée comme Doc Hollyday, blessée comme Edmond Dantes.

Détail de l'affiche de Jeanne d'Arc
Détail de l'affiche de Jeanne d'Arc © Corbis / Luc Besson/Gaumont , Leeloo production

Fragile, sauvage, indomptable, terriblement sexuelle, parce que terriblement masculine et femme enfant en même temps. J’avoue, j’aime les héroïnes de Besson. Or, cette Jeanne-là est la fille de Nikita. Les yeux verts et la férocité désespérée de Mila Jovovitch, c’est tout ce que vous sauverez de ce film inutilement boursouflé.

En revanche, sa programmation, aujourd’hui, fait sourire. Vous me direz, ça devient une obsession de voir la politique logée dans tous les programmes télé, mais quand même… Qui fit son premier coup d’éclat, il y a un an exactement, invité d’honneur de la ville d’Orléans ? Qui prononça ce très beau discours, bourrées d’allusions cousues de fils blancs ? Je le cite :

J’aime, je l’avoue, que Jeanne soit une femme en devenir, qui n’avait rien fait avant de se jeter dans l’incroyable aventure. Elle sait qu’elle n’est pas née pour vivre, mais pour tenter l’impossible. Comme une flèche, sa trajectoire fut nette. Jeanne fend le système. Elle était un rêve fou, elle s’impose comme une évidence.

C’est du Emmanuel Macron dans le texte, détournant le roman de la sainte catholique pour mieux fabriquer son propre récit. Faisant fi des symboles de tout autre parti, mais venant arracher la combattante à une extrême-droite qui se l’était arrogée dès l’Action Française. Que cela était prémonitoire du dernier duel présidentiel, choc final « patriotes » et des « nationalistes », les deux se reconnaissant – la pauvre - en Jeanne D’arc. Après tout, Luc Besson est peut-être un moindre mal pour cette pucelle qui n’avait pas demandé à ce qu’autant de monde – frontistes et marcheurs - lui passe dessus.

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