Ils squattent les écrans jusqu'au dernier moment.

La campagne jusqu'au bout
La campagne jusqu'au bout © Getty / Elsa

Aux Etats-Unis, la réclame politique est déréglementée, d’où la course aux donateurs pour financer ces déferlantes de spots. Selon NBC News, Clinton y aurait claqué 110 millions de dollars, Trump, 20 millions seulement, sur-occupant déjà par ses outrances les plateaux des chaînes d’info, donc sous-investissant en publicité.

Ces clips sont des superproductions ultra-léchées, les ficelles sont grossières, mais ça vous met quand même le feu sacré. C'est qu'ils savent faire, ces américains.

  • Décodage du dernier opus diffusé par chaque camp.

Celui d’Hillary est titré « The story of us ». C’est une épopée. Elle construit déjà le récit de sa victoire, elle bâtit sa légende de 45ème président des Etats-Unis. Son premier chapitre s’intitule « We began our story » , le dernier assène « We made history », avec un grand H, en français. Ça dégouline d’amour, on dirait une pub pour Air BNB tellement des citoyens de toutes les couleurs s’y donne la main. Mais pas un sujet politique n'y est abordé.

Alors que le clip de Trump est appelé « Donald Trump’s argument for America », il recense toutes les crises contemporaines et ne désigne qu’un seul coupable : « The Establishment », englobant pouvoir établi, institutions, élites. Evidemment à cet « establishment » diabolisé qui « détruit vos emplois et se met l’argent dans la poche », il associe l’image matraquée du couple Clinton. Quand Hillary, elle, ne cite jamais son mari et attend la dernière minute pour inclure Trump dans son spot, sous forme d’un bêtisier digne de vidéo gag. La première image qu’elle utilise ? Monsieur et Madame Trump descendant un escalator. Comprenez, eux ils baissent, moi, je grimpe.

Autre différence notoire. En voix off, Clinton utilise des commentaires de journalistes, engeance honnie par Trump qui ne compte que sur sa tessiture voix pour relayer son discours. Enfin, toujours dans cette stratégie d’inclusion et de rassemblement, Hillary conclut par « Let’s write the next chapter together ». Mot d’ordre : « together ». Donald, lui, divise. « Les seuls qui puissent stopper cette machine corrompue, c’est vous le peuple américain ». C’est vous, contre eux. C’est vous, contre les autres.

L'équipe
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.