L’info n’est pas que ce docu-réalité pourri ait fait les grandes heures de M6. L’info, c’est qu’il existe encore, sur NT1.

Capture d'écran de la bande annonce d'"On a échangé nos mamans"
Capture d'écran de la bande annonce d'"On a échangé nos mamans" © M6

Prenez deux mères aux principes éducatifs radicalement opposés et faites-les permuter. Chacune se confrontant au mari et à la progéniture de l’autre. Trois jours de soumission aux règles locales, puis trois jours où la maman parachutée tente d’imposer sa loi à des zoulous qui, d’ordinaire, ne vivent jamais comme ça.

Au septième jour, Dieu se repose, mais la mater, elle, après avoir cravaché toute la semaine s’avère bien obligée de se prendre la tête sur le modèle qu’elle impose à son foyer.

L’info, donc, c’est qu’en 2017, on continue de flatter la ménagère - comprendre la responsable des achats du ménage, la femme, dès lors que le ménage compte des mioches – on continue de la flatter en lui faisant croire qu’elle a tous les pouvoirs. Qu’en échange de se flinguer les samedis à remplir le caddie, c’est elle qui édicte en majesté les règles de la maisonnée. Y a de quoi faire bondir tous les pères qu’on émascule au passage d’attributs qu’ils sont pourtant nombreux à revendiquer désormais. Faire bondir aussi toutes les femmes qui s’y collent seules et qui aimeraient qu’un mec assume autorité et réalité, plutôt que d’avoir à tout diligenter. Celles, enfin, qui vivent à deux, qui verraient bien la baraque tourner autrement, les gamins grandir différemment, mais qui ont cessé de jouer à « On dirait que c’est moi qui commande et que si tu m’obéis pas je te tue » aux alentours du CE1.

Plus inquiétant. Cette idée que continue de marteler la télé : qui pour évaluer la maîtresse de maison ? Un homme bien entendu. Un mari, comme dans les années 50, à qui madame répond de sa conduite domestique. Pire. Si ce n’est pas monsieur, ce sera les enfants. Tout est dans le titre : « On a échangé nos mamans ».

Nous tous, on a fantasmé un jour de se découvrir adopté, exempt d’une généalogie parfois lourde à porter. Mais là, non. Point d’héritage trop encombrant. C’est la mère qui sert de fusible à ces petits cons. Comme si elle était l’alpha et l’oméga de la famille. Or, soyons honnêtes, de qui les marmots vont-ils causer pendant les dix années d’analyse que chacun se prépare à cet âge-là ? De maman ? Non, de leur père, rien que de leur père, évidemment. De grâce. Changez-moi l’intitulé de cette émission. Fini de jouer. Echangez vos papas. Et là, on verra les dégâts !!

► LE PROGRAMME | "On a échangé nos mamans", sur NT1, c'est ce soir à 20h55.

La chronique en vidéo

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.