La série « Dix Pour Cent » a été lancée comme un maxi événement mi avril par une chaîne qui devait bien savoir qu'un petit bidule risquait d’interrompre les programmes.

Dix pour Cent, saison 2.
Dix pour Cent, saison 2. © France 2

J’ai nommé le débat de l’entre-deux tour ! Rien que ça !

Total : deux épisodes de « Dix Pour Cent » chaque mercredi, puis rien, puis reprise ce soir à quinze jours d’écart. C’est ballot pour une série construite en seulement six étapes, dont la mécanique exige qu’elles se suivent.

Dix Pour Cent est une série chorale

Les personnages se répondent et s’entrechoquent. Ce qui est beau, jouissif et captivant, c’est précisément de voir monter cette mousse, menacer de déborder à tout moment et se rattraper par un salto au dernier instant. Merci, donc, France 2 d’avoir coupé cet élan. Replongez-y, pourtant. L’un des meilleurs épisode de cette deuxième saison est le cinquième, ce soir, 21 heures, avec Guy Marchand. J’allais dire avec « l’ami Marchand », lui que je ne connais guère, ses films ne sont nulle part dans mon imaginaire. Mais là, il est, sur un tournage, le vieil acteur dont on craint un début d’Alzheimer. Une légende surannée, attachante, encombrante, qui pourrait foutre le film par terre. Il le sait, en en joue. Parce que les calembours, il ne peut pas s’empêcher. Parce que l’humiliation, il faut bien maquiller. Parce que jouer, de toutes façons, c’est sa vie, son métier.

Complètement mélo

Dix pour cent attrape ainsi au vol un acteur à qui la série fait interpréter un double de fiction qui porte le même nom. Ce soir, Marchand suspend le temps, dans un épisode à part. Complètement mélo. Chaque personnage - à hurler de rire d'habitude - se heurtant au mur de ses défenses et de ses défiances. Ce que tous ont construit pour mieux se protéger est en train de se fissurer.

Ce soir, on s’aime, dans Dix pour cent. Enfin, on aurait voulu pouvoir s’aimer. On se jalouse, on se regrette sur un disque de jazz, on craque, on chiale. Et nous, penaud, on est tout ému devant la télé. Les émotions y sont finement, sincèrement habitées. On croyait regarder une bonne comédie et on est presque en train de pleurer. Guy Marchand… j’aurais dû me méfier.

AU PROGRAMME ►► Dix Pour Cent, épisode 5, sur France 2.

L'équipe
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.