Pour les 30 ans de la mort de Simone Signoret.. Arte diffuse dimanche soir les « Diaboliques » de Clouzot, et dans la foulée, un film rare.

Un documentaire signé Chris Marker, réalisateur hors-norme et ami proche de l’actrice : « Mémoires pour Simone » . 63 minutes pour ne surtout pas retracer la vie de Signoret. Les portraits de Chris Marker sont tout le contraire de « Un jour, un destin », ces rétrospectives implacables et formatées dans lesquels on fait entrer n’importe quelle destinée d’artiste, tristement réduit à sa biographie. Chez ces gens-là, tout s’explique. C’est l’idée. Suffit d’avoir la bonne archive, le bon témoignage.

Simone Signoret - 1966
Simone Signoret - 1966 © Maxppp

Quand Marker évoque Signoret, il n’explique rien. C’est décousu, anachronique, silencieux, truffés d’impasses ou d’effets miroirs entre la femme et ses rôles, saisissant d’intelligence lorsque l’auteur croque la condition de l’actrice.

Chris Marker ouvre un placard, celui de la maison d’Autheuil-Authouillet où Montand et Signoret recevaient le tout Paris. On les aperçoit d’ailleurs faire plouf-plouf dans la piscine en super 8. « C’est étonnant de voir que lorsque les grands professionnels du cinéma se filment entre eux, ils font exactement comme les autres », fait malicieusement remarquer l’auteur.

J’ai retenu, pêle-mêle, que Simone Signoret détestait les ordinateurs. J’ai retenu la liste des nominées à l’Oscar de la meilleure actrice en avril 1964 : Doris Day, Audrey Hepburn, Katherine Hepburn, Elisabeth Taylor. Simone leur a arraché. J’ai retenu Signoret assistant au procès de Pierre Goldman, disant joliment que la veille, la télévision avait diffusé, par hasard, « Les Gorges Brûlées ». Elle y interprète une femme brave et courageuse. Dans la salle d’audience, le public ne lui a renvoyé que de la sympathie. J’ai retenu une interview incroyable donnée à Philippe Labro. J’ai retenu son rôle dans l’Aveu, les grands procès de Moscou, elle qui avait accompagné Montand en Union Soviétique, quinze ans auparavant.

J’ai retenu cette phrase : « Est-ce qu’on joue mieux quand on a vieilli ? On ne joue pas mieux. On ne joue pas. On est ».

> « Mémoire pour Simone », le film de Chris Marker avec la voix de François Perrier, sur Arte, dimanche à 22h40 et à 20h45 sur Arte ce dimanche, également « Les Diaboliques » , de Clouzot

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