Thomas Dandois et Stéphane Marchetti ont réalisé un documentaire nécessaire, parce qu’absolument révoltant. Un documentaire dont on sort un peu abasourdi, un peu honteux aussi…

Une famille de réfugiés s'apprête à monter dans un bus après avoir quitté la réception du centre "Jules Ferry", à Calais, le 3 novembre 2016.
Une famille de réfugiés s'apprête à monter dans un bus après avoir quitté la réception du centre "Jules Ferry", à Calais, le 3 novembre 2016. © AFP / Julien Pitinome / ANADOLU AGENCY

Ne vous y trompez pas, ce n’est pas un énième reportage lénifiant sur le triste sort des migrants. Ce n’est pas, non plus, un film mièvre qui aurait resserré l’angle sur les enfants dans l’unique but de nous attendrir un peu plus. Non, c’est tout simplement un documentaire nécessaire.

Nécessaire parce qu’absolument révoltant.

Sa principale qualité ? Elle tient en une chose : la force des témoignages que les réalisateurs, Thomas Dandois et Stéphane Marchetti, ont réussi à recueillir.

Pendant 60 minutes, on y entend les récits d’enfants afghans ou syriens. Des mômes, tous juste âgés de 10 à 15 ans qui nous rappellent, d’abord, que s’ils ont atterri dans des tentes toutes pourries plantées dans la boue, c’est ni pour nous faire chier, ni pour profiter des allocations, mais bel et bien parce qu’ils ont fui la guerre et les barbares qui, parfois, n’ont pas hésité à buter leurs parents sous leurs yeux.

Et si je vous dis que ce film est révoltant, c’est parce qu’au fil des témoignages, on comprend qu’à Calais, l’État, la France, n’a strictement rien fait pour protéger ces gosses alors que la loi l’y obligeait pourtant. On découvre que ces gamins n’ont pas eu accès à l’école, qu’ils ont crevé de faim et de froid et que lorsqu’ils sont allés demander de l’aide à des structures qui ont obligation de leur en apporter, ils ont reçu des bras d’honneur en guise de coup de main.

On est stupéfait par ce qu’on entend, du coup, pour nous permettre de souffler un peu, la musique qu’Emily Loizeau a composée tout spécialement pour le documentaire arrive à point nommé, pour nous offrir une pause salutaire. Une courte respiration, juste avant de plonger encore un peu profond dans les abysses de l’insoutenable, lorsqu’on découvre à quoi l’abandon total de ces enfants, hébergés dans des containers de chantier, a conduit.

On sort de cette série de témoignages un peu abasourdi,un peu honteux aussi devant les manquements stupéfiant de notre état. Et si je vous disais Eric, dans le préambule de ce papier que si ce film est révoltant, il est également nécessaire, c’est parce qu’à la toute fin du documentaire, on apprend que six mois après le démantèlement « total » de la jungle, les migrants commencent à revenir à Calais. Les migrants et les enfants… aussi.

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