Ce soir, sur France 5 , l’histoire édifiante de ces enfants américains adoptés et jetés comme des objets.

Nita a 19 ans. Elle a grandi dans un orphelinat haïtien. Adoptée à l’âge de 13 ans par une famille qui avait déjà quatre enfants, mais qui s’était mise en tête d’en récupérer cinq autres d’un seul coup pour enrayer à elle seule la misère du monde. Rapidement, la situation dégénère. La mère remet la gosse sur le marché des adoptions de seconde main. Elle sera envoyée dans cinq foyers différents, sans jamais que ses parents adoptifs ne lui disent un mot. À chaque fois, c’est la terreur d’atterrir dans un endroit inconnu. À chaque fois, c’est l’échec et le retour à l’envoyeur. Sur les sites spécialisés, la première mère adoptive poste des messages du genre : « Cette fois, je voudrais vraiment m’en débarrasser ». Dans la dernière famille où Nita a vécu, elle côtoyait huit autres enfants adoptés. Les plus petites filles étaient sexuellement agressées par le père. Nita était leur confidente. Elle ne disait rien tant elle avait peur de devoir, encore et encore, refaire sa valise.

Bienvenue dans l’enfer du « rehoming ». Cette opération, si l’on en croit le dictionnaire, consiste à retrouver un maître pour des animaux de compagnies. Aux États-Unis, c’est de gosses qu’il s’agit. 25 000 enfants adoptés sont légalement abandonnés par des couples qui ne s’en satisfont pas et qui cherchent repreneur. Il y a deux circuits : l’un, acté par le juge, qui prend du temps et qui coûte de l’argent ; l’autre, qui se déploie sans aucun contrôle au gré des vides juridiques sur lesquels tant d’États américains ferment les yeux.

Le documentaire que proposeFrance 5 se révèle d’une grande pudeur et d’un immense respect lorsqu’il donne la parole à ces mômes. Leurs récits sont sobres, heureusement, car déchirants.

Ce garçon de 14 ans qui moisit en foyer depuis deux ans et participe, une boule dans le ventre, aux défilés d’enfants à ré-adopter – oui, comme des défilées de mode devant des parents qui les choisissent sur catalogue. Cette jeune fille de 16 ans qui ira affronter, au tribunal, d’anciens parents adoptifs, pervers dégénérés n’ayant eu, pendant tant d’années, qu’à désigner leurs petites proies sur internet, dans la plus parfaite indifférence des services sociaux. Inimaginable.

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