A l'occasion du festival d’animation d'Annecy qui démarre aujourd'hui, Arte propose une programmation spéciale... Y compris, ce soir, un bijou signé Roland Topor et René Laloux.

La Planète sauvage, c'est tout simplement culte ! Un bijou surréaliste signé Roland Topor et René Laloux, diffusé ce soir en version restaurée.

Une planète envoûtante

Vous aussi, il devait vous arriver, de jouer avec des fourmis ou des coccinelles quand vous étiez petit. On fait courir l'insecte sur sa main, on l'empêche de s'enfuir. Et on se demande : quel effet ça lui fait, à cette petite bestiole, d'être manipulée par un géant?

Eh bien sur la planète Ygam, vivent des gigantesques créatures androïdes à la peau bleue et aux yeux comme des billes rouges. Ces géants s'amusent parfois avec des toutes petites choses amusantes, qui s'agitent et se débattent : ce sont des hommes. Certains hommes sont des animaux de compagnie, d'autres vivent à l'état sauvage.

Le rythme paraît complètement anachronique, on met un peu de temps à s'habituer au début, mais le dessin de Topor mérite cette lenteur. Ce qui est envoûtant, c'est l'atmosphère de cette planète Ygam. La végétation, pour ne prendre que cet exemple, est fascinante : des arbres géants et des plantes carnivores qui créent une ambiance poético-bizarre délicieuse.

Les géants bleus s'appellent les Draags. Une petite fille Draag s'attache à un minuscule humain et lui fait profiter de son éducation. Car chez nos géants bleus, l'instruction se fait sans forcer, directement par imprégnation du cerveau via une sorte de serre-tête. Le tout petit homme profite donc des leçons, il apprend notamment à lire le langage des drags... et va finalement s'échapper pour rejoindre les autres hommes, ceux qui vivent à l'état sauvage.

Je vous laisse découvrir la suite de l'histoire...

Un conte philosophique

La planète sauvage est un conte philosophique, une fable pacifiste sur la liberté et sur le pouvoir de la connaissance. C'est perché, c'est plutôt pour les adultes (ça tombe bien, diffusion à 22h35) et visuellement, c'est absolument unique. Je rappelle que Topor est aussi le créateur de l'inénarrable Téléchat !

Un petit extrait de son livre Mémoires d'un vieux con :

En véritable novateur, je fus incompris. On railla ma technique sans comprendre qu’elle annonçait l’art de demain, c’est-à-dire de maintenant, enfin je veux dire l’art du lendemain de l’époque dont je parle. Pour être plus clair, l’art que l’on considérait à l’époque comme étant celui d’aujourd’hui, sans le savoir, puisque aujourd’hui est une notion récente qui date de ce matin.

Perché. Indispensable.

► LE PROGRAMME La Planète sauvage, c'est ce soir à 22h35 sur arte

► Et pour ceux qui veulent encore plus de cet artiste hors-norme à l'humour subversif, direction la BNF, à Paris pour l'exposition "Le Monde selon Topor", à voir jusqu'au 16 juillet.

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