C’est un monument de la télévision américaine qu’on verra en France ce week-end, voire un monument de la télé tout court.

On peut dire ça, vu que les animateurs du monde entier ont fait leur marché, ont pillé même, le Saturday Night Live, le « SNL » si vous voulez avoir l’air d’en être. L’émission est diffusée depuis 40 ans sur NBC . Elle se déroule en direct du 9ème étage du GE Building, cet immeuble art déco pierre et or magnifique, surplombant la Rockfeller plaza de New York.

La chaîne Comédie –que vous n’avez jamais regardée, c’est pas grave, cette chronique est un voyage très exotique dans vos grilles de programmes– va diffuser tous les samedis soirs, le SNL de la semaine précédente . Cela démarre donc avec cette séquence qui a fait le tour du web et des sites d’infos, il y a trois jours : le monologue d’ouverture de Donald Trump. Debout, dos à l’orchestre, le candidat à l’investiture républicaine déploie ses talents de bateleur: «tu es brillant, tu es beau, tu es riche, tu as tout pour toi, le monde t’attend en tant que président, alors pourquoi es-tu dansSaturday Night Live? Pourquoi ?! Parce que je n’avais rien d’autre à faire ».

Et voilà Trump, flanqué de deux sosies, faisant se gondoler le public de rire pour mieux pulvériser, ensuite, les accusations de racisme à son encontre. De quoi déclencher une manif de latinos aux pieds des studios.

Ainsi va la télé américaine : des prêcheurs ou des show-men. Rien entre les deux. La vindicte ou la vanne. Trump joue admirablement les deux partitions, selon qu’il est sur Fox News ou sur NBC. Et quand je dis « joue », je pèse mes verbes. On connaît, en France, les auteurs qui cisèlent les bons mots des animateurs de talk-shows. On ne connaît pas en revanche, ce travail d’acteur qu’accomplissent les invités sur les plateaux télé [américains]. On leur écrit leur texte, à eux aussi. Ca vaut pour les stars de cinéma, comme Hillary Clinton, invitée du Saturday Night Live très récemment.

Emission où le mélange des genres s’avère ainsi poussé à l’extrême. La parodie des JT de la semaine et la politique y occupe une place prépondérante. Pas un Sénateur de poids qui n’y soit passé, donnant la réplique aux comédiens de la troupe maison, celle-là même qui a fait émerger Bill Murray ou Eddy Murphy. Comme quoi, le billet pour Hollywood s’achète au même tarif que celui pour Washington.

> « Saturday Nigt Live », c’est donc à découvrir sur la chaîne Comédie, ce samedi à partir de 22H30

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