Service d’endocrinologie de l'hôpital Lariboisière à Paris
Service d’endocrinologie de l'hôpital Lariboisière à Paris © BELMONTE / BSIP/BSIP/Corbis

Depuis la semaine dernière, les mercredis soirs deTF1 sont entièrement dévolus à la série médicale américaine.

Onzième saison deGrey’s anatomy, suivie d’une nouveauté assez médiocre, Night Shift . Médiocre car elle ne renouvelle pas un genre manifestement déclinant, mais prolonge ce que la série médicale a apporté à la télévision : une capacité inégalée à brasser les ethnies, les classes sociales, les générations, les sexualités, les religions et au-delà de ces catégories, les personnalités sans aucune limite scénaristique.

Parce que c’est ça, un hôpital, bien plus qu’un commissariat. Chez les flics, vous pouvez nuancer à loisir les profils de commissaires, mais les proxos, les dealers , les violeurs et les serial killers , c’est quand même un peu toujours les mêmes. Dans un hosto, ça entre, ça sort à l’infini et toute la société s’y croise, s’y mélange, s’y heurte. À condition qu’on accorde de l’attention, non plus seulement aux médecins, mais également, aux patients.

La série médicale est vieille comme la télé américaine. General Hospital , un soap diffusé sur ABC depuis 53 ans, (ils ont fêté leur anniversaire la semaine dernière), aligne un record de 13 279 épisodes. Le malade n’en demeure pas moins un élément de décor. Ça se passe entre toubibs et infirmières.

Il a fallu attendre 1994 : la révolutionUrgences . Toute la misère et la psychose du monde déversées à 100 à l’heure dans un service survolté. Dix ans après, 2005, la productrice Shonda Rimes, pousse le curseur encore plus loin. Dans Grey’s anatomy, les Noirs, les Asiatiques et les Latina - Lesbiennes prennent le pouvoir à l’hôpital. Le brassage devient aussi flagrant en salle s’attente qu’en salle de garde. Aujourd’hui, ça s’essouffle, mais ça a été une claque.

En France, rien à faire.TF1 a tenté, à plusieurs reprises, la série médicale tricolore. Électrocardiogramme plat assuré. Pourquoi ? Parce que la Une a une vision très propre de l’univers médical. Or, ça ne marche que si on met le doigt là où c’est sale, là où ça fait mal. Que si l’hôpital fait hurler les injustices, les discriminations, les haines. Faut que les bourgeois et les prolos s’entrechoquent. De la mixité, de la vraie. Avec des soupapes pour délirer. Mais sur TF1 , ça ne déraille jamais.

Ce soir sur TF1 : Grey’s anatomy à 20h55, suivi deNight shift à 22h40

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