Focus sur la partition d’Ennio Morricone, composée avant le tournage et diffusée par des haut-parleurs afin que les acteurs s’imprègnent de son inquiétante mélancolie.

Clint Eastwood sur le plateau de "Le Bon, la brute, et le truand" de Sergio Leone
Clint Eastwood sur le plateau de "Le Bon, la brute, et le truand" de Sergio Leone © Getty / Sunset Boulevard

Vous ne saurez rien du poncho de Clint Eastwood, de la lenteur tragique du western à l’italienne, de la façon dont Sergio Leone filmait les yeux. Vous ne saurez rien de la séquence du cimetière, des 1500 soldats de l’armée franquiste qui participèrent au tournage et à qui Leone fit creuser des tombes.

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Mon sujet, ce matin, c’est la partition d’Ennio Morricone, composée avant le tournage et diffusée par des haut-parleurs afin que les acteurs s’imprègnent de son inquiétante mélancolie, de son animalité, de ses chevauchées emphatiques et désespérées.

Leone disait :

Morricone n’est pas mon musicien. Il est mon scénariste.

Ils se connaissaient depuis l’enfance. Petits, ils allaient à l’école ensemble. A eux deux, ils pulvérisèrent les codes du folklore Hollywoodien. Le western devenait d’un lyrisme et d’une âpreté jamais égalés.

Dans cette orchestration symphonique, vous entendez ce que nul Américain n’avait osé : mélange de trompette-piccolo, guitare mexicaine, sifflements proches du yodel, bruitages de cloches et de fouets, musique électrique, instruments médiévaux, harmonica et cordes qui s’envolent dans un élan à la fois baroque et expérimental.

A chaque personnage, sa sonorité. Le bon (Eastwood), la flûte à bec soprano, la brute, l’arghilofono, c’est une sorte de pipeau en terre cuite, le truand, la voix imitant les coyotes du désert.

Car elle est là, l’immense trouvaille de Morricone, sa signature sonore du western, l’utilisation de la voix comme instrument à part entière. Le compositeur était accompagné par la crème des solistes et par les chœurs d’hommes d’Alessandro Alessandrini. On discerne les « go », « go », « go », scandés, puis les « eh ! » et les « oh ! » qui se répondent en canon…

La musique est cri qui vient de l’intérieur. Celle d’Ennio Morricone a fait du râle un chant nerveux et mystique.

► AU PROGRAMME: Le bon, la brute et le truand, c'est ce soir à 20h45 sur Paris Première.

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