France 2 propose ce soir "Hippocrate" puis "Devenir médecin" - et ce n’est pas vraiment "Grey's Anatomy", ni "Dr House", ou "Urgence", ce qui s’avère à la fois mieux et moins bien.

Que ce soit dans "Hippocrate" ou dans "Devenir médecins",  France 2 montre ce soir une assistance publique à bout de nerfs
Que ce soit dans "Hippocrate" ou dans "Devenir médecins", France 2 montre ce soir une assistance publique à bout de nerfs © Getty / Eric Audras

20h55 : Hippocrate

Hippocrate, le long-métrage remarquable de Thomas Lilti, avec Jacques Gamblin, Vincent Lacoste et Reda Kateb et plein d’autres : les acteurs de ce film se révèlent d’une redoutable justesse.

L’arrivée d’un jeune interne dans le service de son propre père, patron tout-puissant, de ceux que l’hôpital appelle « les mandarins ». C’est l’histoire d’une erreur médicale, d’une rencontre entre un héritier et un médecin algérien, d’une confrontation avec la douleur, l’épuisement du patient que certains soignants se refusent à faire passer avant l’efficacité du traitement, c’est enfin l’évocation très réaliste d’une assistance publique à bout de nerfs tant les moyens lui sont retirés.

Film, pourtant, drôle et généreux, mais aussi tendu, poignant, efficace, ramassé.

22h40 : le documentaire Devenir médecins

France 2 diffusera ensuite le documentaire délicat de Nicolas Franck et Bruno Joucla, _Devenir médecins_, ou le quotidien de quatre jeunes gens, externes et internes, qui affrontent non pas la médecine pour de vraie, mais les malades.

Apprendre les mots, les gestes qui conviennent. Négocier avec les personnes âgées qui déraillent, avec les patients qui ne parlent pas français. Etre un médecin, même face à celui qui ne comprend rien. Encaisser les nuits, les gardes, user sa patience, mais continuer à écouter, parce que l’hôpital remplit une fonction sociale bien au-delà du soin médical. Se confronter à la mort, enfin, se blinder, sans perdre de son empathie, de son humanité.

J'ai regardé pour vous ce documentaire à qui on n’a pas grand-chose à reprocher si ce n’est des personnages assez lisses, des séquences pas très remarquables. Et je me suis dit, est-ce ce film qui est un peu plat ou notre regard qui est déformé par les séries médicales? Il y a quand même un peu de ça, je crois.

Vingt ans maintenant que l’hôpital à la télé est le théâtre d’une intensité dramatique truffée de caractères bariolés, d’électrocardiogrammes incontrôlés, de diagnostiques spectaculaires et de piquouses d’insuline miracle.

Une médecine cathodique qui a imprégné, forcément, les téléspectateurs que sont aujourd’hui les patients et les soignants.

Reste à réapprendre le réel… tout doucement.

► LE PROGRAMME | Soirée autour des internes en médecine, sur France 2, à partir de 21h.

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