Destination le Darfimbabwour... Mais c'est quoi ce pays ? C’est un misérable pays d’Afrique, abandonné de tous, où des enfants meurent de faim, le ventre gonflé, les yeux exorbités, loin de nos regards indifférents et de nos petites vies égocentrées. Il y a urgence à aider le Darfimbabwour. Pour l’aider, il faut mobiliser ; pour mobiliser, il faut alerter ; pour alerter, il faut montrer.

Darfimbabwour, par le collectif ET BIM
Darfimbabwour, par le collectif ET BIM © ET BIM

Et voilà les ingrédients : de l’urgence, de l’émotion, des images choc et toute la machine médiatique qui se met en branle. En plus, c’est l’Afrique, ça tombe bien : nos caméras n’y vont jamais sauf s’il y a crise humanitaire ou militaire. En clair, les deux situations qui remettent l’aide française au centre de l’échiquier africain. Là, elles se sont précipitées et elles se sont éclatées…

Evidemment, cette famine de rêve a été créée de toute pièce par de jeunes vidéastes sur Youtube (leur site s’appelle ET BIM , leur collectif se propose de « tirer l’humanité vers le haut », rien que ça !) . Résultat, un montage tordant de huit minutes. C’est bricolo et pas toujours au niveau, mais quand même très futé sur la façon dont la télé, aujourd’hui alliée aux réseaux sociaux, peut s’emballer.

Et les voici qui parodient à 100 à l’heure : le coup de gueule au 20 heures, les reportages aux séquences surjouées et aux commentaires formatés, les appels aux dons médiatisés, le vidéoclip des stars mobilisées « Darfimbabwour, au secours, parce que tu m’a appris ce qu’est l’amour » , les chaînes d’info hystérisées, Le Petit Journal qui fait son beurre sur les bourdes des chaînes d’info qui font leur beurre sur Darfimbabwour, les pages Facebook qui dégoulinent, Brian Henry-Lévy sur place, son film à Cannes, les humoristes qui s’en emparent, « Touche pas à mon poste » qui déraille, le « Zapping » de Canal qui fait son beurre sur « Touche pas à mon poste » qui déraille, le Darfimbabwour entré dans les expressions courantes, donc dans les vannes, la chanson des stars en boucle et l’info qui lasse. On coupe la radio, c’est trop. Et trop d’info, on appelle ça l’infobésité. De la famine à l’obésité .

Avouez, c’est bien joué.

« Darfimbabwour », c’est à voir sur la chaine Youtube du collectif « ET BIM »

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