Plus passionnante encore qu’une enquête de Sherlock Holmes : le récit des vies trans-médiatiques de ce personnage qui s’est instantanément démultiplié sur tous les supports.

Benedict Cumberbatch et Martin Freeman interprètent respectivement le détective Sherlock Holmes et son assistant le docteur Watson dans la série télévisée produite par la BBC
Benedict Cumberbatch et Martin Freeman interprètent respectivement le détective Sherlock Holmes et son assistant le docteur Watson dans la série télévisée produite par la BBC © Radio France / BBC

Il est né dans Une étude en rouge en 1887. Or, on distingue le canon, soit les textes signés de son géniteur littéraire, Sir Arthur Conan Doyle, des développements apocryphes qui seront légion. Il y a moult silences, moult béances dans les récits de l’auteur, autant de failles propices à l’imagination. Sherlock Holmes fait l’objet d’une appropriation populaire.

Le personnage se transforme et s’épaissit au gré des versions. Pastiches et parodies compris. L’un des tous premiers du genre est signé Mark Twain. En France, Maurice Leblanc concocte un _Sherlock Holmes arrive trop tard_. Et fait de l’Anglais un détective ridicule face à Arsène Lupin. Mais ce n’est rien à côté de la comédie musicale Clash of the vampire : Holmes y affronte Dracula.

Ailleurs, on scénarisera des répliques extra-terrestres de Sherlock, sa filiation avec Tarzan, ses entretiens avec Sigmund Freud, sa rencontre avec Albert Einstein ou encore avec Karl Marx. Je vous passe la kyrielle de dramatiques radiophoniques dont le déclin dans les années 60 favorise l’émergence des adaptations télé.

Les américains s’y sont mis dès 1937, le petit écran anglais, dès 1950. La série produite par Granada Television marque un tournant en 1984.

Aujourd'hui l’œuvre de Conan Doyle est tombée dans le domaine public.

Dans Elementary sur M6, Watson est devenu une femme. Sherlock, lui, est passé par un dessin animé Disney en 86, un manga japonais et de multiples jeux vidéo. Enfin, ce scientifique supérieurement intelligent, quoique méchamment déviant, a fortement inspiré Dr House !

Au cinéma, Basil Rathbone a interprété Holmes 14 fois, avec nombre accessoires. Précisons que le deerstalker, ce chapeau en tweed, n’a jamais été mentionné par Conan Doyle qui n’a, en outre, jamais écrit la célèbre réplique

Elémentaire, mon cher Watson !

Reste la vie privée de Sherlock Holmes, je vous renvoie à Billy Wilder qui a brillamment brodé sur son homosexualité. A vous d’imaginer la suite.

► LE PROGRAMME : La saison 4 de "Sherlock", c'est sur France 4.

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