La couronne d’Angleterre, à la charnière entre George VI et sa fille, Elisabeth II qui accède au trône en 1953.

Claire Foy, Matt Smith (The Crown)
Claire Foy, Matt Smith (The Crown) © Alex Bailey / Netflix

Vous ne retrouverez pas dans The Crown la splendide coquetterie de Downton Abbey, si séduisante à l’image, si nunuche dans l’évolution de ses personnages. The Crown vous offre la naissance d’une reine dans une forme de dépouillement réaliste - notamment la lumière - plus conforme à l’après-guerre britannique qu’aux chatoyantes images d’Epinal de la famille royale.

Quelle spectaculaire leçon de mise en scène ! Retour précipité de tournée africaine pour la jeune Elisabeth endeuillée, assommée par l’Empire qu’elle va devoir incarner. Sa sœur, son époux ne pourront plus jamais marcher à ses côtés. Elle est The Queen désormais. Aréopage du Palais qui l’attend à sa descente d’escalier et lente apparition, sous un terrifiant voile de crêpe noir, de sa grand-mère, l’immense reine Mary qui s’agenouille devant elle. La séquence est saisissante.

Tout aussi maîtrisé, dans un autre registre, les dialogues, regards et silences de ce déjeuner en tête à tête entre l’oncle Edouard VIII, qui abdiqua pour épouser une américaine trois fois divorcée, et sa nièce qu’il tient dans le plus grand mépris, mais chez qui il discerne vite subtilité et intelligence tactique.

C’est le parcours initiatique d’une souveraine à l’aube d’un nouveau monde que retrace The Crown, une reine sans cesse écartelée entre la tradition et l’irruption incontrôlable de la modernité, symbolisée par ces micros de radio devenus à chaud les porte-voix des monarques. Le jour de son mariage, King George offre à Elisabeth une petite caméra. Elle, dont le couronnement sera le premier retransmis à la télévision. Evènement cathodique planétaire.

Enfin, Peter Morgan, le créateur de la série - précédemment scénariste de The Queen, le film de Stephan Frears, ou producteur de la fiction qui retraça la chute de Nixon à la télévision – prend ses distances avec les figures britanniques. Dans la série, il dresse un cruel portrait d’un Churchill finissant, s’accrochant au pouvoir, mais dont les éclats – son discours à la mort du roi – porte la politique à des hauteurs qu’elle ne retrouvera pas.

La saison 1 de la série The Crown est disponible en intégralité sur Netflix.

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