Ca veut dire ne pas trop traîner. Renter du boulot, course, devoirs, diner, brossage de dents, hop hop, en enfants au lit.

PHILIPPINES - 1/01/1986. Pendant le tournage du film Platoon, d'Oliver Stone's Platoon à Manille, les acteurs Willhem Dafoe, Charlie Sheen etTom Berenger.
PHILIPPINES - 1/01/1986. Pendant le tournage du film Platoon, d'Oliver Stone's Platoon à Manille, les acteurs Willhem Dafoe, Charlie Sheen etTom Berenger. © Getty / Roland Neveu/LightRocket

Non pas qu’il soit impérieux de regarder « Platoon » – loin de là – mais, si la télé est allumée dans le salon, nous recommandons des petits soigneusement endormis et des pré-ados, non moins soigneusement enfermés à double tour dans leur chambre. « Platoon », c’est la guerre du Vietnam dans son horreur la plus crue.

A chacun son panthéon cinématographique sur le Vietnam. « Platoon » ne m’a pas saigné la mémoire au fer rouge comme « Apocalypse Now », « Voyage au bout de l’enfer » ou « Full Metal Jacket », les œuvres radicales et brulantes de Francis Ford Coppola, Micheal Cimino, Stanley Kubrick. Mais « Platoon » se regarde autrement. A travers les yeux d’Oliver Stone, son réalisateur, dont je vous dis l’histoire en quelques mots.

Stone est un enfant de la haute new-yorkaise. Sa mère est française, son père est une figure de Wall Street, il fut officier chargé des finances auprès d’Eisenhower. Oliver Stone grandit dans le Manhattan chic, étudie à Yale. C’est en tant qu’engagé volontaire qu’il partira au Vietnam, le 14 septembre 1967 : il servira dans la 25e division d'infanterie et la 1ère division de cavalerie, en poste à la frontière cambodgienne. Il en reviendra médaillé, reprend l’université, devient l’élève de Martin Scorcese. Son court-métrage de fin d’étude s’intitule « Last year in Vietnam ». Oliver Stone démarre comme scénariste auprès des plus grands. Sa rencontre avec le public date de 1986, c’est « Platoon ». C’est ce Vietnam qui le dévorait et dont il fera la première marche d’une trilogie sur pellicule.

Chris Taylor, interprété par Charlie Sheen, est donc l’alter ego fictif de Stone à l’écran. Le fantassin volontaire dont l’enthousiasme se fracasse à force de corvées et patrouilles. Le troufion pris entre les deux feux de sa hiérarchie, le sergent chef Barnes, cruel, manipulateur, et le sergent Elias, le sage, superbe Willem Dafoe. Je ne vous dis pas qui, du bien ou du mal, l’emporte. Mais il y a dans Platoon, déjà, toute la révolte d’Oliver Stone face à ce qu’il qualifiera de violence d’Etat.

A regarder ce soir à 20h55 sur France 3

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