Des chercheurs et praticiens interviewés dans le monde entier qui, tous, explosent de rire quand on leur demande leur taux de cholestérol. Vous savez pourquoi ?

Bacon grillé et oeufs sur le plat
Bacon grillé et oeufs sur le plat © Getty / Ralph Smith

Il aura fallu attendre les années 2000 pour qu’on pointe la responsabilité des laboratoires privés dans la manipulation des essais cliniques sur les traitements. Pour que les effets secondaires graves des statines, ces médicaments présentés comme la pénicilline du cœur et prescrits tous azimuts, soient enfin dénoncés. Pour que le cholestérol lui-même ne soit plus diabolisé et plus tenu pour responsable direct des maladies cardio-vasculaires.

C’est un mythe universel qui s’effondre, c’est tout un pan de l’industrie pharmaceutique et de l’industrie agro-alimentaire qui s’écroule. Comme l’explique un chercheur, ce soir, comme dans toute querelle des anciens et des modernes, il aura fallu attendre une génération, attendre que les anciens meurent pour que les modernes gagnent.

C’est cette bataille que raconte le film d’Anne Georget, l’une des meilleures documentaristes françaises sur les questions liées à la santé et à ses institutions. Elle est remontée jusqu’à l’Amérique des années 50 où se forge le dogme d’un cholestérol coupable. Face à la vague d’infarctus et de crises cardiaques qui frappe le pays, le docteur Ancel Kyes lance une monumentale étude visant à faire du cholestérol l’ennemi public numéro un d’un Occident suralimenté en graisse. Appuyés par les pouvoirs publics, soutenus par un puissant lobby dont on vous raconte les manœuvres, financés secrètement par l’industrie du sucre afin qu’on accuse le gras et pas le sucre, les "prohibitionnistes du cholestérol" prennent le pouvoir. On les qualifie aussi de "mafia du cholestérol". Pendant 40 ans, tout médecin contestant leur position voit sa carrière ruinée.

Dans les années 70, c’est le pompon de l’absurdité scientifique quand s’impose la fable du « bon » et du « mauvais » cholestérol. Mais quel filon pour les multinationales de la bouffe qui inondent le marché de produits à base de graisses végétales hydrogénées ! Ce qu’on appelle les "acides gras trans", on sait aujourd’hui les ravages qu’ils causent sur la santé. Une belle somme d’archives, des chercheurs et praticiens interviewés dans le monde entier qui, tous, explosent de rire quand on leur demande leur taux de cholestérol. Vous savez quoi ? Ils n’en ont rien à cirer. Leur cœur et leurs artères non plus.

« Cholestérol, le grand bluff » ce soir sur ARTE à 20H55…

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