Session de rattrapage ce matin avec après un début de semaine très chargé en actu.

C’est avec un peu de retard que je souligne ici l’incroyable exigence de ce qu’Arte appelle son « festival du documentaire ». C’est la deuxième année. Cela a commencé dimanche, mais les films que vous avez loupés, pour cause de soirées vissées devant les chaînes d’info, sont à (re)voir sur ARTE+7. Ils viennent du monde entier, preuve que grâce aux financements de la chaîne franco-allemande, des productions voient le jour au Danemark, au Japon, en Grande-Bretagne.

Dans ce qui a déjà été diffusé, je vous conseille le très classique, mais très passionnant « Hitchcock/Truffaut » et l’ovni « Austerlitz ». Impossible à vous décrire en quelques mots, mais croyez-moi, c’est un objet rare. Une balade dans l’architecture du XIXème siècle où se mêlent trois voix : celle d’un romancier, celle de son personnage (incarné à l’écran par Denis Lavant) et celle d'un documentariste qui s’exprime à la première personne. Troublant et passionnant.

Hier soir, jusqu’à tard dans la nuit, également, Arte diffusait un film chinois, quasi sans parole : « Behemoth, Le Dragon noir ». Le monstre, ce sont les mines de Mongolie intérieure. Paysage d’une beauté vertigineuse, ravagé par un ballet de foreuses, pelleteuses et autres engins d’acier devenus les extensions vivantes de la bête. La caméra de Zhao Liang, grand réalisateur chinois, en pénétrera même les boyaux, les entrailles. Jusqu’à nous jeter au visage un écran rouge sang, déluge de feu au cœur de la montagne.

C’est l’enfer, mythologique et dantesque, que brosse ce film dont la photographie est époustouflante. Le réalisateur diffracte même parfois l’image, comme si vous regardiez la réalité dans un miroir brisé, accentuant la fascination visuelle qu’on peut avoir pour ce spectacle.

Et l’être humain, dans tout cela ? Il est là, dans ce film. Fragile. Broyé. Ouvriers migrants déplacés par millions, malades des bronches, regards asservis, les mains des mineurs couvertes de calles et de cors, comme si les écailles du monstre recouvraient peu à peu leur peau. Rarement, j’ai vu tant de poésie et de magnificence à l’image pour raconter l’un des pires désastres sanitaires et écologiques de la planète.

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> Le festival du documentaire d’Arte dure jusqu’à demain et vous pouvez donc revoir sur la chaine en ligne, ARTE+7, les documentaires que vous avez manqué sur Arte.

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