La cérémonie de clôture des jeux paralympiques, c'était hier. Aujourd’hui, c’est lundi, aujourd’hui, c’est fini. Pendant quatre ans vous ne verrez plus d’handicapés à la télé.

2016, Jeux paralympiques, athlétisme, 100 m femmes, Rio de Janeiro, Brésil - 17/09/2016. Marlou van Rhijn des Pays-Bas, a gagné la médaille d'or.
2016, Jeux paralympiques, athlétisme, 100 m femmes, Rio de Janeiro, Brésil - 17/09/2016. Marlou van Rhijn des Pays-Bas, a gagné la médaille d'or. © Reuters / Jason Cairnduff

Vous contemplerez des corps vieux, jeunes, moches, beaux, mais des corps normaux.

Puisque norme, il y a, dès l’instant où le réel passe au tamis du petit écran. La semaine dernière, un homme de petite taille participait à l’émission de Stéphane Plaza sur M6. Les réseaux sociaux ont frôlé l’hystérie, l’animateur aussi.

A la télé, vous ne verrez que des corps valides, mais pas que des corps vivants ou en bonne santé. Sinon, il n’y aurait plus de quoi nourrir les journaux télé. Notez qu’on ne peut pas accueillir toute la misère du monde, mais qu’on peut la regarder.

Notez également que tous les corps blessés, que tous les macchabées et que toutes les dignités ne se valent pas. Que la télévision vous montre cadavres et chaires ensanglantées dès lors que la guerre ou le tremblement de terre se situe au loin. Mais dans l’urgence de l’attentat du 14 juillet, un journaliste a filmé un monsieur juste à côté du corps de sa femme. Alors là, HURLEMENTS ! Oui, il y a des choses qu’on peut voir en Syrie, mais pas ici. Le corps d’un Syrien vaut moins que celui d’un concitoyen.

Aujourd’hui, c’est lundi. Aujourd’hui, c’est fini. Les handicapés ont quitté les stades, les piscines, Rio, les JO et nos écrans.

Leurs corps sont restés dans nos rétines, dans nos mémoires, dans notre savoir – on ne connaissait pas forcément – et dans notre conscience, vu les chiffres d’audience.

C’est fini, mais réfléchissons-y. Qu’avons-nous regardé ? Des corps hors-normes. Des corps augmentés. Augmentés de prothèses technologiquement vertigineuses. Des corps surpassant l’absence du membre ou du sens dont ils sont privés. Des corps amoindris, mais des corps surpuissants. Dans notre culture du spectacle et du divertissement, ça s’appelle des super héros. Des Iron Man, des Wolverine, aux corps griffés d’acier. Des X-Mens ayant sur développé une capacité au point d’être rejetés par les autres.

Bref, on va chercher dans la fiction ce qui, dans la réalité, devrait nous émerveiller. Si nous et la télé avions moins de préjugés.

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