Amazon Prime Video arrive en France pour concurrencer directement Netflix et ces plates-formes dites de SVOD qui vous proposent de la vidéo au kilomètre, sur abonnement.

Le site de la société de streaming vidéo en ligne Netflix a secoué le marché américain et compte maintenant 70 millions de clients payants (en janvier 2016). Un concurrent vient d'apparaître : Amazon Prime  Video
Le site de la société de streaming vidéo en ligne Netflix a secoué le marché américain et compte maintenant 70 millions de clients payants (en janvier 2016). Un concurrent vient d'apparaître : Amazon Prime Video © Maxppp / Bernd von Jutrczenka/picture alliance / dpa

Amazon Prime Video arrive et coûte encore moins cher que Netflix : 49 euros par an pour des hits du Septième Art, des documentairess et des fictions produites par la maison et déjà en lice pour les Golden Globes. A voir, sur n’importe quel écran, y compris sur votre télé, si vous avez une box adaptée ou un téléviseur connecté.

A cela, vous ajoutez tout que SFR, Orange ou Bouygues vous permettent d’acheter comme films et séries. Et ça donne des soirées télé d’un nouveau genre. Des tranches de vie qui se résument non pas à regarder, mais à choisir ce qu’on regarde. Voire à ne rien regarder du tout, parce qu’on s’est abîmé dans ce moment de déliquescence réflexive que constitue le choix.

De votre télécommande, vous sillonnez au grès de catalogues sans fin. Affiches, résumés, classement des téléspectateurs, bandes annonces. Tout ou rien fait envie. On se sait plus, le désir surgit, la curiosité d’aller voir plus loin aussi, au fur et à mesure, on oublie. Ça défile, ça défile et plus ça défile, moins on choisit. Plus il y en a, plus c’est l’histoire d’un choix qui n’aboutit pas.

Vous croyez faire l’expérience de la profusion technologique ? Illusion.

Ce qu’on fait là, c’est une expérience de soi. Ni rétroactive, ni projective. De soi, dans le temps réel et palpable du présent, de la conscience.

"Dis-moi ce que tu veux voir et je te dirai qui tu es", suggère la machine.

Mais, précisément, qui suis-je à l’Instant T pour engendrer ce que je vais regarder ? Plutôt mariole, plutôt déprime, plutôt mélo, plutôt raide crevée, plutôt espiègle, plutôt midinette, plutôt intello? Ce n’est pas l’objet du désir qu’on examine ici, mais le sujet désirant. Choisir, c’est SE choisir. C’est tenter de figer un état, de fixer une image de soi que l’on voudrait toujours mouvante. Vertige.

Comment arrêter le temps qui court alors qu’on voudrait le savoir toujours courir pour se sentir libre de choisir ?

C’est plus difficile de choisir seul que de choisir à deux. On ne transige pas avec soi. Comme si le début d’un film était un commencement absolu. On ne plaisante plus avec L’Instant Télé, Instant d’éternité. Souvent, on préfère ne rien regarder. Et moi, chaque matin, une histoire je vous ai racontée, en sachant bien, ce soir, que serez seul face à vous-même, face à la télé.

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