Ecoutez tout ce qui chante, qui danse et qui peut faire oublier « La La Land ».

Hollywood, Etats-Unis, 01/01/1964 - L'actrice  Julie Andrews dans le film "Mary Poppins",1964, Disney.
Hollywood, Etats-Unis, 01/01/1964 - L'actrice Julie Andrews dans le film "Mary Poppins",1964, Disney. © Maxppp / HA/PHOTOSHOT/

Cette histoire de deux petits égos sur pattes, bien propres sur eux, qui ne pensent qu’à leur gueule ou à leur carrière, faisant accessoirement du couple une petite entreprise, et pour qui, aimer le jazz, c’est être profondément réac, personnellement, ça me fait du bien ! Même si mister Walt Disney, au rayon, marketing de l’Amérique puritaine, lui aussi, il se posait là.

Et pourtant, il y avait dans les films de son vivant une dose d’imaginaire puissant, de fantaisie, de merveilleux, susceptible de vous entraîner bien plus loin que les petits morveux de « La la Land » qui ne savent plus rêver – la peur de l’échec ayant manifestement tué à cette génération toute capacité à réinventer le monde. Alors que Mary Poppins, nounou barjoque, et Bert, ramoneur volant, campent la magie et le chant comme perturbateurs de l’autorité et de l’ordre sociale. Et ce, dans une Angleterre édouardienne, sommet de la rigidité britannique.

C’est, à le revoir, un film incroyable. Quatre ans de tournage tourmenté. Oscar des meilleurs effets spéciaux, tant Walt Disney a voulu ce qui se faisait de plus pointu afin de mêler prises de vue réelles et séquences d’animation. La jeune Julie Andrews crève l’écran (Oscar pour elle aussi). Duke Ellington, Louis Amstrong, reprirent très vîtes les chansons du film devenus des hymnes.

Mary Poppins s’est pourtant méchamment fait attendre. Il aura fallu vingt années à Walt Disney pour porter son projet à l’écran Vingt années de bouderie, d’indifférence et de portes claquées au nez par l’impossible Pamela L.Travers, écrivaine british de romans jeunesse qui refusa de lui céder les droits de son histoire, puis ferrailla dur sur les différentes moutures de l’adaptation. On peut tout dire de Pamela Travers, vielle fille, revêche, caractérielle, vaniteuse. Mais on peut aussi mesurer combien cette femme seule tint tête aux promesses de l’industrie hollywoodienne, à ses dollars et à son pouvoir. Le pot de terre qui met à bout de nerfs l’usine à rêves. « Mary Poppins » est d’une résistance, de ce désir trépidant d’un grand enfant devenu vieux. Walt Disney il est mort peu après la sortie du film.

► LE PROGRAMME |« Mary Poppins » c’est ce soir à 20h55 sur w9

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