Pour les abonnés ou pour tous ceux qui ont des voisins, des cousins chez qui il est bon de taper l’incruste jusqu’à pas d’heure.

La télé est d’un ennui crasse en cette période où la toujours très pauvre fin de saison rencontre en plus l’apathie dépressive dont souffrent les directeurs de programme privés de football.

Mad Max, c’est de la bombe. De la bombe narrative, de la bombe visuelle. Et puisque est au registre bombesque, Charlize Theron, crâne rasé, visage maculé, treillis, rangers, s’avère aussi fascinante et attirante que Sigourney Weaver, crâne rasé, visage maculé, treillis, rangers, dans Alien 3.

C’est mon deuxième coming out  lesbien dans cette chronique du petit matin.

Charlize Theron est Furiosa, guerrière dans un désert post-nucléaire. Elle tente d’échapper à un tyran, lui enlevant au passage trois des femmes de son harem. Créatures lumineuses et graciles dans monde où ravage, torture et asservissement ont anéanti les corps. Difformes, monstrueux.

Dans Mad Max, les armes et les bagnoles – toujours aussi folles, toujours aussi démesurées - sont plus qu’une manifestation virile. Elles sont le prolongement, le substitut technique et motorisé, de ces corps inaptes et épuisés. Des hommes et des machines. Des hommes-machines.

Le génie de George Miller, qui a réalisé les quatre Mad Max, mais qui a attendu trente ans pour cracher le dernier, c’est d’avoir fait de cette course-poursuite hypertrophiée (elle dure tout le film, dans un sens, puis dans l’autre), un ballet. Un somptueux ballet. Mad max, c’est de la danse et de l’acrobatie portée à leur plus haut niveau. C’est fantastiquement beau. La chorégraphie ne cesse de se décentrer, multipliant à l’infini les actions et les mouvements en tous points de l’image.

Chaque plan, chaque séquence apparaît ainsi tellement chargée qu’elle mérite d’être vue et revue pour en apprécier la complexité et la perfection esthétique. Il s’en dégage un mélange très troublant de grâce et de brutalité, de sublime et de barbarie conjuguée.

Mad Max : Fury Road, c’est sur Canal + ce soir à 23h15

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