"Discount", "Femmes au bord de la crise de nerf", "Leviathan", "Le Bureau des légendes" : ce soir, il y a une poignée de bons films à la télé. Qu'est-ce qui va nous faire choisir ?

Valerie Stano, Anne Guillard, Eleonore Klarwein et Diane Kurys sur le tournage de "Diabolo Menthe" au Lycée Jules Ferry en 1977
Valerie Stano, Anne Guillard, Eleonore Klarwein et Diane Kurys sur le tournage de "Diabolo Menthe" au Lycée Jules Ferry en 1977 © Getty / Keystone-France

Un beau programme ce soir

Il y a Discount, sur la 3, comédie sociale zinzin qui n’a peur de rien avec une Corinne Masiero, épatante.

Il y a Femmes au bord de la crise de nerf, aïe, aïe, aïe, Almodovar sur la 5.

Il y a Leviathan, un film russe splendide, sur Arte.

Il y a Le Bureau des légendes, saison 3, qui commence sur Canal+. Croyez-moi, la série française à son plus haut niveau d’écriture et de mise en scène. Ou pour une première fois l’on se dit qu’on a nous aussi de très bons acteurs, même dans les seconds rôles, même dans les silhouettes, comme chez les Anglais, pas de mystère géographique là-dedans, ces dix épisodes sont tellement bien dialogués et dirigés, l’interprétation suit.

Le goût de la madeleine

Mais parfois, vous le savez aussi bien que moi, regarder le programme télé, c’est feuilleter un album souvenir. C’est laisser le goût de la madeleine imprimer le palais, donner un goût sucré à des images endormies qu’une ligne imprimée suffit à réveiller.

Mais comme les paroles d’un vieux tube entendu par hasard à la radio, l’image de cinéma qui cligne soudain au coin de nos mémoires ne revient pas seule, ne revient pas pure. Elle s’est chargée de la jaquette d’une VHS abîmée, des copines qui avaient aimé, de celles qui avaient détesté, de ce qu’on s’est empressé d’oublier, du peu qui nous est resté, de ce qui s’est mélangé avec nos vies.

Se demander si l’on va revoir ou non un film qui passe ce soir à la télé, c’est, une fraction de seconde, s’embarquer dans un labyrinthe du temps. Se demander quel âge on a maintenant, pour de vrai ou dans sa tête, à quelle génération on appartient, de quoi on a envie, mais aussi à quoi on sert en ce moment.

Peu importe que le film soit bon. On le choisit rarement pour cela. On veut qu’il nous entraîne en avant ou en arrière.

Au plus près ou au plus loin de notre intime méridien.

Et puisqu’on en est au chapitre « choisissons un film pour de mauvaises raisons », moi, ce sera pour une chanson : celle d'Yves Simon pour Diabolo Menthe.

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