Direction, donc, Ciné+ Classic. Ca existe et ça diffuse dimanche un documentaire intitulé « L’architecture du vertige ».

Ou comment espace filmique, espace architecturé et espace mental coïncident dans la mise en scène du maître Alfred Hitchcock. Chez lui, le bâti traduit la peur et l’angoisse.

Multiplication des tours et des escaliers . Le célèbre clocher de « Sueurs froides » (Vertigo) n’existait pas dans cette mission espagnole des environs de San Francisco. Il a fallu le peindre sur la pellicule.

Portail ciné - Hitchcock
Portail ciné - Hitchcock © Radio France

Présence récurrente de monuments, également. Le maître s’empare de ce qui nous est familier et le recrée en studio pour mieux le distordre. La Cathédrale Saint-Paul, le British Museum, le Golden Gate, autant d’occasion de déstabiliser le spectateur pour susciter en lui une sensation de vertige.

Quant à la maison, de Rebecca aux Oiseaux en passant par Psychose, elle perd avec Hitchcock son statut de refuge, familial et protecteur pour acquérir celui de matrice du danger. Excellente analyse des symboles de l’architecture victorienne, comme traces des traumatismes passés, dans ces films.

Il manque à ce documentaire l’argent pour l’agrémenter d’extraits des chefs d’œuvres sus-cités. Les auteurs traversent les Etats-Unis interrogeant chefs op, architectes, historiens du cinéma sur les lieux dont Hitchcock s’est inspiré. Maquettes, plans et photos en guise d’illustration.

Et le plus fort, c’est que surgissent en vous toutes les séquences évoquées. Votre cerveau les a imprimées. De quoi profiter des vacances de La Toussaint pour se ruer sur les DVD. Revoir, par exemple, « La mort aux trousses », Cary Grant escaladant cette incroyable villa façon Frank Lyod Right ou « Fenêtre sur cour », parfait manuel d’architecture new yorkaise.

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