À l'occasion de la rediffusion du film de Gareth Edwards (II) sur TF1 ce dimanche, Sonia Devillers revient sur la dimension iconique et artistique de ce monstre nippon.

Image extraite de "Godzilla" de Gareth Edwards (II). Sorti en 2014, le film sera rediffusé sur TFA dimanche soir  prochain
Image extraite de "Godzilla" de Gareth Edwards (II). Sorti en 2014, le film sera rediffusé sur TFA dimanche soir prochain © Warner Bros Entertainment Inc. & Legendary Pictures Productions LLC

Dimanche soir, vous aurez le choix entre un Hitchcock splendide, "Rebecca", sur Arte, et une mauvaise mouture de "Godzilla", sur TF1. Le plus drôle eut été d’imaginer un combat entre l’héroïne de Daphné du Maurier et le Kaïju Japonais. Ce qui n’aurait rien eu de farfelu.

Godzilla, icône de la pop culture mondiale

Au cours de sa vertigineuse filmographie, Godzilla n’a pas affronté que des bestioles préhisto-nippones. Il s’est battu contre King-Kong (américain).

Il a failli braver Frankenstein (anglais, le film ne s’est jamais fait).

Un court métrage met en scène le duel Godzilla-Bambi, (pauvre Walt Disney ou pauvre Bambi).

Quant à South Park, qui ne respecte rien, il a transformé Barbara Streisand en Godzilla dans un épisode où la chanteuse à queue et à écailles détruit la ville.

Preuve que Godzilla est devenu une icône de la pop culture mondiale.

Godzilla, monstre cathartique

Destin étrange de ce monstre qui porte en lui l’histoire la plus tragique et la plus sacrée du Japon. Il naît en 1954, lorsque le pays se débarrasse de la tutelle américaine, revient aux racines de sa culture Shinto et puise dans une vaste mythographie de créatures magiques liées au ciel et à la Terre.

Godzilla, fruit de la rencontre entre ce reflux culturel et le traumatisme de l’arme nucléaire, l’impensé sur lequel doit se reconstruire le Japon moderne. Pas Hiroshima et Nagasaki, précisent les Godzillologues, mais les essais nucléaires de Bikini, cet atoll dont la population a été irradiée. Blessure répétée infligée à la Nature qui réveille l’hydre archaïque, primitif. C’est d’ailleurs l’une des seules qualités de ce dernier Godzilla, d’exhumer les ombres de ce qui s’est passé dans le Pacifique.

Godzilla est un monstre cathartique. Il incarne la menace surgit des entrailles d’une planète mutilée, tout en campant la figure protectrice d’une civilisation japonaise.

Il est une leçon immense en histoire de l’art. Ou comment l’on combat un démon psychique, historique, en lui créant une image. En enfermant la peur dans une image, on commence à la domestiquer, à raconter une histoire que l’on se réapproprie. Enfant, nous avons tous fait cela.

Godzilla, c’est la petite enfance du Japon après le plus terrifiant des cauchemars.

► LE PROGRAMME | Godzilla, dimanche 26 février à 21h50 sur TF1.

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