Un mois après la mort de Michèle Morgan, Arte diffuse "Quai des brumes". L'occasion pour Sonia Devillers de nous proposer son palmarès des plus beaux yeux (féminins) du cinéma…

Michèle Morgan sur le tournage de "Quai des brumes"
Michèle Morgan sur le tournage de "Quai des brumes" © Getty / Sunset Boulevard

« T’as de beaux yeux, tu sais ». Réplique assez neuneu – vous en conviendrez, mais qui pousse à s’interroger : Morgan avait-elle de beaux yeux ? Réponse : oui. Les yeux de Morgan nous font-ils quelque chose ? A chacun sa réponse. La mienne sera, non. Pourquoi ? Difficile à dire. Des billes spectaculaire, certes, mais la fièvre n’y est point.

Ce matin, voyage en pays perçant. Je vous fais mon générique à moi du « Cinéma de Minuit », les plus beaux yeux du 7e art féminin.

Dans la catégorie « prouesse esthétique », j’ai rangé avec Morgan, les iris mauves de Liz Taylor, encadrées d’un double trait de khôl dans Cléopâtre.

Et celles, immensément turquoises, d’Uma Thurman pour lesquelles Tarantino a inventé une danse. Deux doigts de la main soulignant son regard dans Pulp Fiction.

Dans la catégorie « sexuels et mutins », je demande les yeux d’Adjani dans L’Eté meurtrier.

Dans la catégorie, « sexuels et puissants », ceux de Charlize Theron dans Mad max Fury Road, la femme qui provoque du désir chez les femmes. Visage noirci à la suie et à la poussière, de son œil, le blanc crève l’écran.

Dans la catégorie « actrice qui joue à attirer la caméra de sa pupille, mêlant l’humour, la vie à l’état pur et la séduction », je demande Audrey Hepburn et Marylin Monroe.

J’ai créé, aussi, une famille « paupières ». Supplément de chaire, de trouble et de peau. Longue généalogie sensuelle. Marlène Dietrich en prems. Lauren Bacall ensuite. Charlotte Rampling, après. Eva Green, Léa Seydoux, enfin.

Dans la catégorie, « bigger than life », je veux l’âge d’or du cinéma hollywoodien. Je veux ces yeux intenses et furieux qui font peur aux hommes. Je veux Bette Davis et Joan Crawford.

Enfin, dans la catégorie reine inspirée par « Le chat du Chester » d’Alice au pays des merveilles, je couronne la seule actrice au monde capable de s’effacer, d’éclipser pour le restant de ses jours, son corps et son visage. Seuls ses yeux nous sont restés : Greta Garbo. Le cinéma est affaire de regard. John Ford disait : « Si vous ne savez pas où placer la caméra, posez la face à l’acteur, à hauteur de ses yeux ».

► LE PROGRAMME | Quai des brumes, c'est ce soir sur Arte, à 20h50.

L'équipe
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.