Aujourd’hui, c’est un dessin animé familial qui a les faveurs de Sonia Devillers. D’autant que c’est de l’animation française !

Les Triplettes de Belleville
Les Triplettes de Belleville © Diaphana Films

De l’animation française ! Et de la bonne ! Oui, ce soir, les enfants peuvent se coucher tard et vous avec Les triplettes de Belleville, c’est une fresque moderne bourrée d’hommages aux anciens. A Django, à Fred Astair, à Cab Calleway, à Charles Trenet. A tous ces fous de jazz, mais plus largement de rythme qui ont réveillé la France et twisté les quartiers populaire d’avant et juste après-guerre.

Voici un dessin animé plein de cliquetis, de gargouillis, de vociférations, de vacarmes, de crac, boum, hu, et aussi de silence. Mais c’est un dessin animé muet, parce que, chez ces gens-là, madame, on ne parle pas. Le Belleville insalubre aux maisons bringuebalantes, la pauvreté poisseuse, l’ennui d’un ophelin élevé par sa toute petite grand-mère avec son pied-bot et ses triples foyers. La lueur dans les yeux de l’enfant, son premier vélo. Le cyclisme, le salut, l’ascenseur sociale, la ferveur populaire, la célébrité ou plus simplement, chaque week-end, de la misère se décrasser.

Image extraite des Triplettes de Belleville, de  Sylvain Chomet (2002)
Image extraite des Triplettes de Belleville, de Sylvain Chomet (2002) / Diaphana Films

Les Triplettes de Belleville raconte l’histoire folle du petit garçon devenu coureur cycliste. De sa petite grand-mère et de son chien qui le suivent partout, jusqu’au jour de son kidnapping dans une mystérieuse fourgonnette.

De plus en plus zinzin : l’aïeule traverse l’Atlantique en pédalo pour retrouver son petit-fils. Au village de Belleville succède la mégalopole américaine. Nouveau rythme, nouveau bruitage. Quoique. La mémère en rencontre trois autres, les fameuses « triplettes », si pauvres qu’elles bouffent des grenouilles bouillies, mais chantent du swing frenchy dans les cabarets ricains. Voilà un escadron qui partira à l’assaut de la mafia pour récupérer le gosse. Pour un polar, avouez que ça a de la gueule.

Alors, forcément, tout se rejoint. La mécanique du vélo, celle de l’ère industrielle dont les roues tournent à pleine vitesse pour faire croitre le monde moderne ; le bruit, le rythme de ces machines encore bien physiques, et ceux de ces musiques qui tapent et qui scandent, ces musiques venues d’Amérique. Voilà, Les Triplettes de Belleville, un joli tricotage de références et de générations. Sylvain Chomet aime Jacques Tati, j’espère que vous aussi.

Les triplettes de Belleville, c’est ce soir sur Gulli à 20h50 et ensuite en replay ici.

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