Dans la vie, on n’est jamais forcé de regarder la télé, mais ce soir moins que jamais. C’est une vraie grille d’été. Si vous avez allumé votre poste un jour de 1983, vous avez déjà tout vu de ce qui sera diffusé après 20 heures : Gabin, Ventura, Superman 1, Superman 2, le Saint, Hercule Poirot.

Votre salut viendra de D8 : « L’Homme des hautes plaine », western enragé et halluciné, réalisé par Clint Eastwood en 1973 . Il s’est fait connaître comme acteur dans les Sergio Leone. Il est même devenu, grâce à la trilogie italienne, une star dans la péninsule.

Sergio Leone, c’est « Pour une poignée de dollars », « Quelques dollars de plus », « Le bon, la brute et le truand ».

Voici Clint qui passe derrière la caméra, reprenant à Leone son idée du héros sans nom, sans identité.

Dans ce film, tout est hommage. Or, il est un plan célèbre dans « L’Homme des hautes plaines » : Clint Eastwood interprète lui-même le justicier solitaire . Quittant le village qu’il est venu défendre, il longe un cimetière. Trois tombes à même la terre, sur lesquelles sont inscrits les noms de Sergio Leone, Don Siegel et Brian G.Hutton, grands maîtres du genre. « J’ai enterré mes réalisateurs », dira plus tard Clint Eastwood.

Et il ne fait pas que les ensevelir, il pulvérise les codes du western en les poussant à la limite du supportable. Le justicier tue et viole. Puisqu’il n’y a pas de morale, il impose la sienne. Puisqu’on lui a donné les pleins pouvoirs, il en abuse. Parce que les habitants suent la lâcheté et la veulerie, la ville sera repeinte rouge sang. Et c’est un nain que l’on nommera maire et shérif. C’est dire toute la grandeur que Clint Eastwood attribue aux pouvoirs politique et judiciaire. Bref, ça n’est que le deuxième film de Clint Eastwood, mais il contient déjà le sel des trente-quatre qui suivront.

> « L’Homme des hautes plaines », ce soir sur D8, à 20h50.

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