Bonne nouvelle : même s’il y en a sur toutes les chaines, on peut quand même échapper aux bêtisiers, aux documentaires animaliers et aux comédies musicales ratées, aux dessins animés sans intérêt.

La tâche s’est avérée ardue. J’y suis parvenue. J’ai dégotté un bon film à regarder après le dîner. Ecoutez ce que François Truffaut disait du « Dernier Métro » :

Que Truffaut fait-il entrer dans son théâtre ? Un directeur juif en fuite à l’étranger, en fait, caché à la cave. Une femme, froide et lumineuse, Deneuve, qui garde le secret, prend sa place et attire tous les désirs. Un acteur, magnétique, sur scène : Depardieu, qui tombe amoureux d’elle. Le tout sous le regard soupçonneux des gardiens de la morale et de la Gestapo.

Le Dernier Métro est un film sur le maintien des illusions : illusions sociales, illusions conjugales, illusions théâtrales. Triple faux-semblant qui s’avèrera vital sous l’Occupation. Visuellement, symboliquement, c’est passionnant. Tout se joue entre la cave et la scène. Au sous-sol, la bête, l’enfoui, le secret, le refoulé, qui gronde, qui menace, qui pourrait surgir et tout anéantir.

Sous les projecteurs, le paraître, les codes, les conventions, mais là aussi, minés par les dérèglements du désir.

Truffaut Cinémathèque
Truffaut Cinémathèque ©

Et entre les deux ? Des coulisses, des loges, des couloirs, des petites portes, des entrées et sorties de décors, des escaliers en colimaçon où tout se joue. Aux deux sens du terme, évidemment, puisqu’il s’agit de la vie et du théâtre. Et dans ces interstices architecturaux, ces espaces étriqués, Truffaut insuffle autant de tension que d’humour. Oui, il y a de la taquinerie plein Le Dernier Métro.

De l’amour, de la transgression, de l’humanité et des blagues. Pas mal pour un 24 décembre.

►►« Le Dernier Métro », ce soir sur Numéro 23 à 22H25

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