C'est un film diffusé 17 000 fois à la télé, mais je n’ai pas pu m’en empêcher : « La Cité de la peur ». Il faut dire le titre colle pile à l’actu.

La Cité de la Peur (affiche du film)
La Cité de la Peur (affiche du film) ©

D’ailleurs, je me suis demandée si, dans 40 ans, on verrait à l’écran une grosse comédie qui tache où un commissaire de police poursuivrait un criminel en hurlant « meure pourriture djihadiste ! ». Peu probable.

L’assassin de la « Cité de la peur », lui, est une « pourriture communiste » qui extermine ses victimes à la faucille et au marteau, en plein Cannes. A la manœuvre, Chabat, Lauby et Farrugia, les Nuls de la grande époque. Chaque plan est un gag, chaque réplique une référence.Tout est drôle. Tout.

Le garde du corps s'appelle « Serge Karamaov, aucun lien, j’suis fils unique ». L’acteur vomit dès qu’il est content. Il a une grosse pomme de terre sur la joue. Le projectionniste est un ancien du Festival de Dijon, « moutarde et cinéma ». L’attachée de presse demande à l’inspecteur s’il va la coffrer « pour mangeage de choucroute prohibé ». Pour des raisons de budget, la scène suivante sera entièrement bruitée à la bouche, vous précise la voix off.

Ainsi va ce polar complètement absurde que l’image illustre systématique au premier degré, permettant le décalage des dialogues. « Le suspect s’est fait coincer par une tapette géante. Ecoutez, monsieur n’est pas une tapette, monsieur est commissaire de police ».

En point d’orgue, la parodie d’une séquence d’anthologie tirée de « Point Break », dont je vous ai parlé le 27 août 2015. Vous vous en souvenez forcément. Course-poursuite dans laquelle Keanu Reeve cavale derrière Patrick Swayze. Ici, ce sera Alain Chabat à la remorque du péril rouge, envers et contre mille embuches sur la Croisette. Dont une scène surréaliste de film mexicain qui vous informe de ce qui ce passe pendant ce temps-là à Vera Cruz ! Et une manif de mimes. Dix Marceau, chapeaux melons et visages blancs, un étendard barré de ce slogan choc : « Halte au cinéma parlant ». Chabat hurlant « Barrez-vous cons de mîmes ! » face à une Manif muette, l’un de mes plus gros fous rires au cinoche. 17 000 fois diffusé à la télé, 17 000 fois, j’ai rigolé.

L'équipe
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.