Sujet pour le moins inattendu : ce matin on parle tampons hygiéniques.  

"Tampon, notre ennemi intime", un documentaire d'Audrey Gloaguen
"Tampon, notre ennemi intime", un documentaire d'Audrey Gloaguen

Je sais, on est très très loin de l’actualité politique et au p’tit dèj, vous n’avez pas envie d’entendre parler vagin et flux menstruel.

En plus, dans deux minutes, votre fiston de six ans va vous demander « dis, maman, c’est quoi un tampon et comment que tu te le mets dans les fesses ? ». Bref, je tombe mal, mais je suis sortie tellement interloquée du visionnage de l’enquête diffusée ce soir sur France 5 que je vous demande non seulement de la regarder, mais d’en parler partout autour de vous. Il est des femmes transportées aux urgences avec fièvres, diarrhées, vomissements sans que personne n’y comprenne rien. Le foie, les reins, le cœur lâchent. Pronostic vital engagé. Elles perdront ensuite la peau de certains membres, voire seront amputées après un SCT, syndrome du choc toxique menstruel.

Un microbiologiste au CHU de Lyon travaille d’arrache pied sur le sujet. 20 à 30% d’entre nous sommes porteuses d’une variété de staphylocoque doré sur lequel la composition chimique d’un tampon peut faire l’effet d’une bombe. Plus le tampon est absorbant, plus il est porté longtemps, plus le risque est accru.

Pourquoi n’en sommes nous pas conscientes ? Pourquoi, surtout, ne savons nous de quoi nos tampons sont faits nos tampons ? N’importe quel gel douche porte sa composition chimique sur l’emballage. Pour les tampons, néants. Silence des fabricants. Réveil tardif des pouvoirs publics.

Un scandale - 100 morts, et les tampons Rely de Procter et Gamble retirés en urgence du marché - a pourtant déjà secoué les Etats-Unis il y a 30 ans. La journaliste Audrey Gloagen met en relation, dans plusieurs pays, lanceurs d’alerte, chercheurs et victimes qui veulent comprendre. Au-delà du choc toxique, elle pointe la présence, inquiétante, de dioxyde de chlore dans les tampons. Un labo indépendant, sollicité par la documentariste, y décèle également un phtalate, le DEHP, perturbateur endocrinien et cancérigène.

Plus l’enquête avance et plus elle met au jour un lien possible entre le port du tampon, l’infertilité féminine et ce fléau mondial qu’on appelle l’endométriose. Une femme porte environ 11 000 tampons au cours de sa vie. Et s’il y a bien un truc auquel elle ne pense jamais, c’est bien ce petit bidule blanc caché au sein de son corps. Une menace intime et invisible.

AU PROGRAMME ►► Tampon, notre ennemi intime, sur France 5, ce soir, à 20h50.

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