Une série qu’on avait pu voir à l’époque sur Canal+ et seulement sur Canal+ !

Sur le tournage des Mad men
Sur le tournage des Mad men © Getty / Philip Ramey Photography, LLC

La fenêtre de diffusion était minuscule. Si minuscule que j’ai raté la fin. Une poignée d’épisodes pour conclure 7 saisons dont je n’avais rien manqué. Plus disponible quand j’ai enfin trouvé le temps de m’y mettre.

Les séries, c’est un truc de mordu ou un truc de glandu. Quand on a un travail, un peu de famille, un bout de vie sociale, envie de lire trois lignes et qu’on dort, même mal, mais qu’on dort comme tout le monde, c’est foutu. Dites pas le contraire, ça ne rentre pas.

Comment ils font tous ces gens qui en voient plein tout le temps ? Où les séries peuvent-elles bien se loger dans leur vie ? Comment font-ils autant de place à d’autres vies que la leur ? Ces vies imaginaires, les amateurs de série y sont reliés sans discontinu tant que par le visionnage ils sont tenus. Et ne croyez pas qu’une vie de fiction éteigne l’autre. Non. Les bonnes séries plantent en nous des graines généalogiques, des personnages qui ne cessent de grandir, des existences qui continuent de se ramifier parfois pendant des années, alors même qu’une nouvelle série a commencé, que d’autres vies, encore, sont en train de nous pénétrer.

Daniel Morin, Anthony Bellanger regardent beaucoup de séries. Lequel des deux est un mordu, lequel est un glandu ? Pas celui que vous croyez. Mais chaque matin quand j’en vois un arriver, je devine combien une autre vie que la sienne est petit à petit en train de s’immiscer en lui. Il est là, converse, sourit, mais une ombre plane, un imperceptible compagnon l’attire ailleurs, un nouveau personnage le réclame.

Si vous croisiez Ali Rebeihi dans un couloir, vous auriez la sensation d’un invisible cortège. Ali s’est fait tant d’amis dans les séries. C’est un affectif, un fidèle. Il les trimbale partout avec lui. Nicolas Demorand, c’est pire. On dirait Moïse sortant d’Egypte avec tout le peuple juif pendu aux lambeaux de son habit. Nicolas y passe toutes ses nuits. Un affectif aussi, mais un sacré compliqué. Avec les héros de série, il poursuit chaque jour un dialogue profond, tendu, chargé. Ça fait beaucoup de gens à qui parler. Un peu comme le débat à 11 de BFM TV qu’il mènerait seul en permanence, en silence et en secret.

Moi, par rapport à Nicolas, je n’ai qu’une petite tête. Déjà un peu habitée, je le reconnais. Don Draper s’y est installé. L’Homme de Mad Men dont j’ai gardé les déviances, les flamboyances et la virilité désespérée. Je vous en cause, là, mais je n’ai qu’une envie, c’est de courir le retrouver.

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