Quel est le pire des cadeaux à faire à un héros? Lui coller son papa dans les pattes.

Sean Connery et Harrison Ford dans "Indiana Jones et la dernière croisade"
Sean Connery et Harrison Ford dans "Indiana Jones et la dernière croisade" © Getty / Terry O'Neill

M6 propose ce soir « La dernière croisade », le troisième volet de la saga Indiana Jones, et à mon avis, de loin, le plus réjouissant. Parce que George Lucas, scénariste et producteur, flanqué de Steven Spielberg, le réalisateur, se révèlent deux sales mioches jouant un sale tour à leur héros. Quel est le pire des cadeaux à faire à un héros? Lui coller son papa dans les pattes.

Car oui, passé les deux premiers épisodes, Indiana Jones se croyait imbattable avec son très très long zizi, à savoir son fouet. C’était sans compter l’apparition de monsieur Jones père qui le lui coupe court, le zizi en appelant systématiquement son fiston « Junior ». Et pourquoi pas Indiana? Parce que Indiana, figurez-vous, c’était le nom du chien. Ce qui la fiche plutôt mal pour un héros d’aventure.

Non mais, franchement. Est-ce que Tintin a un père? Est-ce que Crocodile Dundee a un père? Est-ce que Conan le Barbare a un père? Est-ce que Hulk a un père? Est-ce que Rambo a un père? Est-ce que Patt Garrett a un père? Et Jesse James? Est-ce que Magnum a un père? Est-ce que Mad Max a un père? Non mais, vous les imaginez tous baissant les yeux devant la figure paternelle qui n’en rate pas une pour leur faire la leçon? La blague!

Et là où Lucas et Spielberg sont redoutables, c’est que, oui, Indiana Jones est interprété par le très viril et très séduisant Harrison Ford. Mais qui pour jouer son daron? Sean Connery. Et c’est qui Sean Connery ? C’est James Bond ! Le héros d’aventure qui n’en avait rien à cirer de faire des gosses, mais qui a engendré à lui seul une génération entière de mâles cinématographiques. Écrasant.

Pour couronner le tout, les Jones, se trouvent embarqués dans une quête trépidante du Graal. Forcément, le père, le fils et le Saint-Esprit. Les dialogues de ce nœud crypto-oedipo-christo-freudien sont subtils et franchement tordants. C’est le plus drôle des "Indiana Jones".

Là où, dans le registre "je suis ton père et ça te fout en l’air", George Lucas, Monsieur Guerre des Etoiles, n’avait pas fait dans la dentelle. Quant à Steven Spielberg, le registre "Je suis un fils qui aimerait bien avoir un père", c’est à peu près tous ses premiers films, pas la poilade non plus. Cette "dernière croisade" leur sert donc de grand défouloir. Autant de nazis, d’espions et de temples maudits pour réunir deux hommes qui s’aiment et qui s’admirent sans jamais avoir eu les mots pour se le dire ! L’aventure en guise de psychanalyse.

► LE PROGRAMME | "Indiana Jones et la dernière croisade", c'est sur M6, ce soir à 21h.

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