Jeudi, je refermerai définitivement la page de L’Instant Télé.

Parmi les bonheurs de ces petits matin, il y aura eu la fournaise du Nouveau Mexique, la haine des Comanches, le massacre des Sioux, les forces telluriques de l’Amérique.

De l’or, des chevaux, des colts, des Winchester, des flèches brisées, Doc Holliday, Wyatt Earp, John Wayne, James Stewart, Henry Fonda, les nouvelles de Dorothy Johnson et les films de John Ford. Un regret, un vrai : n’avoir pu chroniqué Johnny Guitar et Rio Bravo.

Alors pourquoi finir par Pour quelques dollars de plus, ni le meilleur des westerns, ni le meilleur des Leone ? Parce qu’il passe à la téloche et que c’est encore mon job. Parce que les silences sont pesants dans ce film. Parce qu’Enio Morricone y a définitivement imposé la musique comme protagoniste aux côtés des acteurs, Clint Eastwood et de Lee Van Cleef. Parce que le thème majeur absorbe le désert à perte de vue, recrachant la chaire et le sang des hommes qui y sont abattus. Guimbarde, sifflement, guitare sèche, tambour, crécelle. Martial et animal à la fois.

Pour quelques dollars de plus, deuxième opus de la trilogie de Leone, précède l’arrivée magistrale de Le bon, la brute et truand. A la violence sèche et lente du premier volet, Leone ajoute le baroque et surtout l’étrangeté de ce film, sorte de long rêve décousu, entrelardé d’incessants flashs back. Affect, mémoire, le refoulé travaille au corps cette histoire. La montre gousset, son carillon. Vous vous souvenez ?

C’est le lien entre le passé et le présent, l’objet de transition entre le rêve et la réalité. Sergio Leone charcute le temps, mais pas seulement, il malmène aussi son obsessionnel souci de faire vrai. Il crée de la dissonance et pour cela, s’appuie sur Morricone, maître des harmonies et de la résonance.

►►AU PROGRAMME Pour quelques dollars en plus, c'est ce soir sur W9.

L'équipe
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.