"Strip-tease", c'était la télé qui partait de ce que les gens étaient "pour de vrai" et leur donnait une vraie dimension épique…

Discours du producteur Marco Lamensch alors qu'il venait de recevoir le sept d'or de la meilleure série documentaire pour "Strip Tease" diffusée sur France 3, le 03 novembre 2003 à l'Amnesia à Paris
Discours du producteur Marco Lamensch alors qu'il venait de recevoir le sept d'or de la meilleure série documentaire pour "Strip Tease" diffusée sur France 3, le 03 novembre 2003 à l'Amnesia à Paris © AFP / Jack Guez

C’est Libération qui l’a relevé et qui a suscité ma curiosité. Précaution d’usage néanmoins. Quand dans Google, vous tapez « Strip-tease » et « Youtube », c’est pas exactement sur le meilleur de la télé que vous tombez. Et quand vous tapez Strip tease, l’intégral, alors là.

Strip-tease, ce sont ces documentaires apparus au mi-temps des années 80 sur la RTBF. Il nous a fallu quelques années, à nous Français, pour les découvrir sur France 3.

On en parle encore de La soucoupe et le perroquet. Pendant qu’une dame noue ses bottes d’oignons frais, son fils bricole l’aéro-propulseur de sa soucoupe, dans la laquelle il s’endort chaque soir en attendant le grand départ. La dame, elle, a fait sécher Mimi son perroquet qui s’est fait monter dessus par la jument, mais qui, avant, allait partout avec elle en voiture.

Qui a oublié « Docteur Lulu » ? La médecine, il l’a apprise tout seul dans un Larousse, au fond de la cambrousse. Le premier petit vieux qu’on le voit ausculter, il lui trouve 45 de tension, sinon, ça va. Il dit qu’y a trop de personnes qui prétendent que les antibiotiques ça s’avale avec de l’eau, alors que le mieux, c’est avec du jaja.

Strip-tease a été partout, chez les bourgeois, chez les cathos, chez les Chinois, chez les producteurs de cinéma. Ça gouaille, ça rit, ça heurte.

Or, c’était une caméra qui passait du temps, beaucoup de temps avec les gens. C’est la télé d’avant Jean-Luc Delarue. La télé qui ne faisait pas de casting pour trouver ses « personnages » et remplir des cases, mais qui partait de ce que les gens étaient pour de vrai et leur donnait une dimension plus que cathodique, une dimension épique.

C’était la télé d’avant Emmanuel Chain, la télé qui pouvait encore se la fermer et laisser parler ses images.

Surtout, c’était la télé d’avant la télé-réalité dont le storytelling a tout contaminé des émissions de témoignages et de divertissement dès lors qu’elles s’intéressent aux gens. Même façon de les présenter, même façon de les questionner, même façon de les faire évoluer. Même façon de les enfermer.

La chaîne officielle de Strip Tease sur YouTube

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