Rappelez-vous d'Adama Traoré. Il est mort en garde à vue, menotté, le 19 juillet dernier. Il avait 24 ans. Mouloud Achour vous fait entendre Assa, sa sœur, réclamer la vérité.

Rassemblement en mémoire d'Adama Traoré. Adama Traoré est mort le 19 juillet dernier, lors d'une interpellation policière.
Rassemblement en mémoire d'Adama Traoré. Adama Traoré est mort le 19 juillet dernier, lors d'une interpellation policière. © Maxppp / IP3 PRESS

Mouloud Achour propose tous les jours dans le Gros Journal une interview de dix minutes, hyper montée, habillée d’archives et de jingles. La patte Achour ? Un mélange de frontalité et de décontraction, de pop culture et d’érudition, toujours ancrée dans l’actualité. Stars ou anonymes au micro, c’est une jeunesse socialement métissée qui fait irruption à la télé.

D’ordinaire, Le Gros Journal délocalise son plateau. Seulement voilà, le maire de Beaumont où les Traore vivent depuis 30 ans leur a refusé. Tout comme elle a manifestement dédaigné ses condoléance à la famille. Alors ils marchent, Mouloud Achour, Assa Traore, le petit frère, les copains, les cousins et la caméra, puisqu’ils n’ont pas le droit de s’arrêter. Et ils ressassent cette journée en enfer où Adama est interpellé, où quatre heures durant ils trouveront partout porte fermée, où le bruit court qu’il s’est passé quelque chose.

« Mais si on vous le dit, est-ce que vous n’allez pas mal le prendre ? », leur balance un gendarme.

« Peur d’une émeute ? », demande Achour,

« Non, peur de ce qu’ils avaient fait », résume Assa.

Et elle y va, face caméra :

Adama ne peux plus respirer, il a la tête qui pique, s’urine dessus. Ils sont à 300 mètres de l’hôpital. S’ils ne l’ont pas aidé à mourir alors qu’est-ce que c’est ?

Il a fallu deux autopsies pour conclure à l’asphyxie. Soulèvement de tout un quartier contre la violence policière. Silence assourdissant des politiques. Assa Traore raconte néanmoins qu’ils ont été soutenus par le président du Mali. On entend ça et on se dit que ça peut péter.

Mouloud Achour n’est pas le premier à faire parler Assa. Son sujet est trop court et trop mis en scène pour faire le boulot correctement. Mais il a le mérite de ne pas laisser le dossier se refermer, d’offrir des mots à la colère et à la douleur, plutôt qu’au procureur.

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