Image extraite du documentaire "Il m'a appelée Malalaa" de David Guggenheim
Image extraite du documentaire "Il m'a appelée Malalaa" de David Guggenheim © France 5

Ce soir sur France 5, le portrait et l’histoire du plus jeune des prix Nobel de la paix : Malala, qui depuis l’âge de 11 ans tient tête aux Talibans dans son pays, le Pakistan. Comme les garçons, elle veut continuer à aller à l’école. Et elle le dit haut et fort. Elle fait du bruit. Elle attire les caméras et les micros. La première, elle balance publiquement le nom des mollahs qui font régner la terreur dans sa vallée de Swat et persécutent les femmes. Jusqu’au jour où ils entreront dans le bus et lui tireront une balle en pleine tête.

Le film démarre sur les images de son coma. Elle s’en est sortie, une moitié de visage paralysée . Elle vit en exil à Birmingham, continue de porter l’habit traditionnel, le corps et les cheveux couverts. Enchaîne les tribunes officielles et les émissions de télé, les interviews dans la presse et les déplacements humanitaires. Elle a 16 ans, l’année du tournage, et le documentaire pose d’emblée cette question : pouvait-on laisser une petite fille aller aussi loin ? Son père n’aurait-il pas dû l’arrêter avant que sa vie ne devienne un symbole universel ?

Car tout est là, dans la relation fusionnelle avec le papa qui inscrit la gamine dans une longue tradition familiale de rhéteurs. Le pouvoir des mots. Un grand-père connu pour ses sermons à la mosquée. Un fils qui a surmonté son bégaiement à force de discours public, devenant figure de proue de l’opposition aux islamistes.

La petite fille, enfin, que d’aucuns voient comme la marionnette de son père. Le documentaire s’attachera à démontrer le contraire, interrogeant frontalement la toute jeune femme sur ses regrets, ses renoncements . La question demeure, mais la réponse s’avère sans fausse pudeur. Par ailleurs, le film intègre au récit de jolies séquences d’animation qui mettent en image l’histoire de cette généalogie et des traditions de son pays.

C'est un documentaire à voir en famille. Sa qualité c'est de parler à tous, de traiter avec profondeur et poésie un sujet par trop rebattu. C’est aussi son défaut. C’est un film américain qui, par moment, dégouline d’apologie et de bons sentiments.

Il m’a appelée Malala , ce soir sur France 5 à 20H50

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