En 1992, Donn Alan Pennebaker, cinéaste, peintre et écrivain, est autorisé à tourner dans le QG de Bill Clinton en campagne pour la Maison Blanche.

Bill et Hillary Clinton pendant la campagne électorale pour la présidentielle américaine, en 1992
Bill et Hillary Clinton pendant la campagne électorale pour la présidentielle américaine, en 1992 © Maxppp / UPI

Et ça donne The War Room. Époustouflant. Jamais un commentaire, jamais une indication à l’écran, vous ne savez pas qui est qui, ni où et quand ça se passe. Vous y plongez, c’est tout.

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Les montagnes de journaux, les machines à écrire, les gobelets de café. Vous enquillez les meetings, les débats télé, les nuits dans le bus, les bains de foules, les interviews, les chambres d’hôtels. Fous rires et bras de fer.

Tout est rythme ici, tout est musique, les fanfares, les flashs radios, les slogans, la foule qui scande, les dépêches qui tombent. Tout est mis en scène par Pennebaker comme s’il filmait la tournée brûlante d’un Bowie ou d’un Hendrix - ce qu’il fit, par ailleurs, avec ces mêmes variations d’emphase et d’intimité.

Pennebaker s’offre un détour par la politique, mais il est une gloire du documentaire musical.

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En 1967, avec Don’t Look Back : LE doc sur Bob Dylan, suivi l'année suivante par son film culte sur le premier festival rock de Monterey, matrice de la contre-culture américaine, prémices d’un Woodstock. Pennebaker y capture les Who, Otis Redding, les Mama’s & Papas, Simon & Garfunkel.

Pennebaker est l’un des rares capables d’imprimer à la pellicule la rage d’un géant du rock sur scène. De nourrir la musique par l’image et non l’inverse.

Il y a Clinton, qui insuffle un tempo nouveau, un phrasé inédit à cette séquence présidentielle. Mélange de décontraction et d’avidité qui ne peut que changer la donne.

A ses côtés, au cœur de la War Room, son chef d’orchestre. L’homme qui bouscula le ton et la chronologie de la campagne. Crâne d’œuf, chemise à carreaux, humour ravageur, James Carville. Le « Mister Rythme Man » de la communication politique. Il provoque des accélérations médiatiques que Pennebaker monte comme du free jazz.

On savait la musique très politique, surtout outre-Atlantique. On découvre que la politique c’est de la musique. Tout est question rythme.

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