Et ça se regarde d’autant mieux que les séries françaises conçues par TF1, France 2 et France 3, progressent à une lenteur effrayante (Joséphine, ange gardien, Candice Renoir...)

Qui sera le prochain grand cuisinier ?
Qui sera le prochain grand cuisinier ? © Maxppp / PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN

Pour un personnage incarné par Joey Starr sur TF1, un scénario un peu chiadé comme Les Témoins sur la 2, une belle histoire de jeunesse politique genre La vie devant elles pour la 3, nos grandes chaînes dites « hertziennes » continuent de produire jusqu’à ce que mort s’en suive – la nôtre, mais surtout la leur – des bidules simplistes et vieillotsoù tout est bas de gamme : l’écriture, la mise en scène, le casting, le jeu, la photo.

Increvables Joséphine, ange gardien, Candice Renoir et pire, les Meurtre à… de France 3.

Oui, "les recettes sont usées jusqu’à la corde", rétorquent les patrons de chaîne, "mais il n'y a pas de honte à faire des programmes populaires et vous pouvez vous bouchez le nez tant que vous voulez, les audiences de ces séries sont massives, ce sont de vrais rendez-vous pour le public qui y est attaché".

Sauf que. Sauf que. C’est précisément ce discours qui a tué la série française. Et qui a failli avoir la peau d’une chaîne comme TF1. A une époque où le genre avait déjà fait ailleurs sa mue, pour ne pas dire sa révolution, la Une restait cramponnée à ses héros récurrents, Julie Lescaut et Navarro. Pourquoi ? Mais parce que ça marchait ! Parce que les chiffres étaient là, et la pub aussi.

Piège mortel de l’audience qui vous enferme dans des performances et vous ne vous dit de ne surtout, surtout, rien changer. Le problème, c’est que quand ça baisse, c’est pas un wagon de retard, c’est un train entier qui par trois fois est déjà passé.

Depuis, la Une a mis le carburant de manière spectaculaire, le service public aussi trime dur et ça se voit. Mais pas un producteur venu au micro de l’Instant M ne vous confie en off la frilosité et les idées très arrêtées de ces diffuseurs qui ne veulent aucun temps mort, de l’action encore plus d’action, pas de politique et des acteurs immédiatement identifiés par le public de la télé.

Le genre demeure copieusement cadenassé.

Alors oui, dans ces limites-là, Chefsa eu le mérite de sortir France 2 des hôpitaux et des commissariats pour plonger dans les cuisines moralement douteuses d’un grand restaurant. C’est bien fichu et assez palpitant.

La deuxième saison de la série Chefs débute ce soir sur France 2.

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